Lettre n°102 - Mercredi 1 juillet

Cher lecteur, chère lectrice,

Cher lecteur, chère lectrice,

Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle édition de ma newsletter. Cette semaine, on parle des adages boursiers.

"Sell in May", "Don't fight the Fed", "Buy when there's blood in the streets"... Tu les as forcément déjà croisés. Marc Tempelman, co-fondateur de Cashbee, en a passé sept à la moulinette des données historiques, et les résultats sont surprenants. Le "Sell in May" par exemple : l'écart saisonnier existe vraiment, mais, il est beaucoup plus difficile à exploiter en pratique.

Nous poursuivrons ensuite avec la minute éducative de Valentin Aufrand sur la balance commerciale : on verra pourquoi les États-Unis vivent en déficit depuis des décennies pendant que la Chine empile les excédents.

Ensuite, un mot sur Trade Republic, qui rémunère le cash de ses nouveaux clients à 3 % par an. Et pour finir, l'habituel point de marché.

Magnifique vue sur le cirque de Mafate !
(Photo d'un lecteur avec qui j'ai eu l'occasion de déjeuner)

Les grandes lignes (14 min de lecture)

👴 Les adages boursiers : sagesse populaire ou piège grossier ?

🌎 La minute éducative : Commerce mondial et flux financiers.

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📺 Le point de marché en vidéo.

👴 Les adages boursiers : sagesse populaire ou piège grossier ?
Un article rédigé par Marc Tempelman (Co-fondateur de Cashbee)

Sell in May and go away", "Buy when there's blood in the streets", "Don't fight the Fed"

Ces adages financiers claquent comme des vérités éternelles. Ils circulent depuis des générations dans les salles de marché comme dans les salons feutrés des family offices et des banques privées. Mais derrière leur élégance rhétorique se cache une question : sont-ils des boussoles fiables ou de simples contes pour endormir les apprentis investisseurs ? Nous en avons recensé sept : cinq classiques et deux souvent négligés pour les passer au crible.

Plongeons dans le folklore boursier avec un scalpel analytique.

Le folklore qui séduit les marchés

Les marchés financiers sont suivis de près par des armées de spécialistes, d'analystes boursiers et de journalistes financiers qui diffusent leur savoir et leurs opinions au grand public, friand d'informations. En effet, entre krachs soudains, bulles irrationnelles et rebonds inespérés, l'investisseur cherche désespérément des points de repères, particulièrement quand les marchés sont volatils. Les adages boursiers sont nés de ce besoin viscéral : transformer le chaos en proverbe digeste.

💡 Pourquoi ça marche si bien ? Parce qu'ils flattent notre cerveau. Une phrase comme "The trend is your friend" condense en cinq mots une vérité à la fois psychologique et comportementale : on suit plus naturellement un troupeau lancé qu'on ne s'improvise pionnier solitaire.

Mais attention : le charme du proverbe est également son ennemi. Trop simple pour un monde multidimensionnel, il risque de nous faire croire qu'un marché complexe se résume à une rime. Un adage n'est pas une stratégie. C'est une heuristique : utile pour cadrer, dangereuse pour décider.

Nous nous sommes penchés sur les adages les plus connus, afin d'en analyser l'efficacité dans la pratique. Est-il rentable pour un investisseur de suivre les conseils condensés dans ces rimes ? Notre verdict, nuancé mais sans ambiguïté : les adages éclairent, mais ils ne suffisent pas à prendre des décisions d'investissement rationnelles et robustes.

"Sell in May" : le rendez-vous manqué du printemps

“Sell in May and go away” → “Vendez en mai, et partez”

Chaque année, comme un rituel païen, l'adage "Sell in May and go away" refait surface. Vendez en mai, pour ne réinvestir qu'en novembre. L'idée ? Les marchés actions sous-performent l'été, dopés par les vacances et la torpeur générale.

💡 Il y a du vrai là-dedans. Les données historiques sur le S&P 500 montrent une saisonnalité : +7 % en moyenne de novembre à avril, contre +2 % l'été. Les "Santa Claus rallies" de fin d'année et les primes de janvier alimentent le mythe. Des études académiques sur plusieurs décennies confirment cet écart statistique sur les marchés américains, britanniques et même européens.

Pourtant, cette règle crée une illusion de précision dangereuse.

Manquer les 10 meilleures journées d'un indice peut diviser par deux votre rendement sur 20 ans. Et 2023 ? L'été a été explosif, le S&P 500 a progressé de près de 10 % entre juin et juillet seul. Plus structurellement, les frais de transaction et la fiscalité des arbitrages répétés (turnover fiscal) érodent rapidement la surperformance théorique dès qu'on applique cette stratégie sur un compte imposable.

La leçon Cashbee : utilisez la saisonnalité comme signal faible, pas comme ordre de liquidation suivi d'un réinvestissement automatique quelques mois plus tard.

"Blood in the streets" : le courage contrariant

"Buy when there's blood in the streets, even if it's your own." → “Achetez quand il y a du sang dans les rue, même si c’est le vôtre”.

Baron Rothschild l'aurait murmuré après Waterloo. Achetez quand la panique règne, quand les valorisations saignent et que le consensus hurle au désastre.

C'est l'un des plus puissants. Les crises (2008, Covid) ont créé les plus belles opportunités pour les téméraires. Pourquoi ? Le marché sur-réagit : peur viscérale, ventes forcées, décotes absurdes sur des joyaux. En mars 2020, le S&P 500 avait cédé 34 % en 33 jours ... avant de récupérer la totalité de ses pertes en moins de cinq mois. Les investisseurs qui ont maintenu ou renforcé leurs positions ont été récompensés de façon spectaculaire.

Mais voilà le hic : distinguer une tempête passagère d'un Titanic qui coule demande du flair. Investir quand tous les écrans affichent du rouge et que tout le monde vend exige du courage. Amazon en 2000 ? Non. Berkshire Hathaway en 2009 ? Oui. Et Lehman Brothers en 2008, dont l'action avait perdu 90 % avant la faillite, illustre crûment que "cheap" n'est pas synonyme d'"opportunité".

💡 Nous conseillons toujours de valider les fondamentaux, de dimensionner la position, et d'éviter de trop faire dépendre votre stratégie de la recherche du meilleur moment pour investir. Les experts n'y arrivent pas alors qu'ils passent douze heures par jour les yeux rivés sur leurs écrans. Au contraire, nous sommes plutôt fans de l'investissement régulier, typiquement mensuel, qui vous permet de dormir tranquille. Sur de longues durées, le sang-froid paie, pas l'héroïsme.

"The trend is your friend" : surf ou illusion ?

“The trend is your friend” → “La tendance est ton amie”

Suivez la tendance, ne la combattez pas. Simple, non ? Les marchés exhibent du momentum : ce qui monte continue de monter, ce qui baisse s'enfonce. Flux, révisions d'analystes, FOMO collectif : la physique des prix adore l'inertie.

💡 Vrai sur 6 à 12 mois, potentiellement fatal sur 3 ans. "Until the end when it bends", complète l'adage malin. Les bulles éclatent, les value traps piègent. L'envolée des valeurs de croissance technologique entre 2020 et début 2022, suivie d'une correction de 30 à 70 % sur certains titres du Nasdaq, en est une illustration récente et douloureuse. Pour l'investisseur individuel, utilisez les tendances comme filtre d'entrée, pas comme religion. Un stop-loss est l'ami de toute tendance.

"Don't fight the Fed" : le maître des marionnettes

“Don’t fight the Fed” → “Ne combattez pas la Fed”

La Federal Reserve a une énorme influence sur les marchés financiers. Ses décisions sur les taux directeurs en dollar américain impactent les bourses du monde entier. Lorsqu'elle relève les taux et resserre les vis, les actions toussent. Quand elle devient accommodante et coupe ces mêmes taux, c'est Noël avant l'heure. Taux bas = valorisations gonflées = bull market. Le mécanisme est bien documenté : en abaissant le taux sans risque, la Fed comprime les taux d'actualisation qui servent à valoriser les flux futurs des entreprises, ce qui gonfle mécaniquement les multiples boursiers.

Statistiquement, le conseil est implacable : 80 % des hausses majeures coïncident avec du "Fed put". 2022 l'a rappelé durement. Mais il faut nuancer, car la Fed ne fait pas tout. Profits, tensions géopolitiques et inflation peuvent contrer son sillage. Et depuis 2022, la montée en puissance de la BCE et de la BoJ comme facteurs de liquidité globale rappelle que "Don't fight the Fed" mériterait d'être élargi à "Don't fight the central banks" pour l'investisseur non-américain.

💡 Notre prisme ? La politique monétaire fixe le décor. Et celle des États-Unis pèse particulièrement lourdement sur l'économie mondiale. Donc oui, il est pertinent de suivre les déclarations et les orientations de la Fed. Mais ce n'est qu'un facteur parmi d'autres à prendre en compte dans votre stratégie de placement.

"Wall of worry" : haussier malgré les nuages

"Bull markets climb a wall of worry." → “Les marchés haussiers grimpent le mur des inquiétudes”

Les indices grimpent alors que la presse diffuse des nouvelles catastrophiques. Guerre, récession, scandales : selon cet adage, le mur d'inquiétude est l'escalier qu'empruntent les marchés haussiers.

L'observation est plutôt vérifiable dans la pratique, historiquement. Cela tient à une propriété fondamentale des marchés : ils reflètent les anticipations des investisseurs, pas la réalité économique et politique du moment. Ils ont typiquement 6 à 12 mois d'avance, focalisés sur les profits futurs, la sortie de crise, la fin de la guerre. Le marché haussier de 2009–2020 a ainsi grimpé à travers la crise des dettes souveraines européennes (2011), l'effondrement du pétrole (2015), plusieurs alertes géopolitiques majeures ... un mur d'inquiétude quasi ininterrompu pendant une décennie.

💡 Gare au “trop de confiance et aux lunettes trop roses”. Certains murs s'avèrent être des falaises. En 2007, les indices progressaient encore sur fond d'inquiétudes croissantes sur le subprime, jusqu'à ce que le "mur" cède brutalement.

"Never catch a falling knife" : la patience comme discipline

"Never catch a falling knife" → “On ne rattrape pas un couteau qui tombe”

N'achetez pas un titre en chute libre en espérant attraper le point bas. L'image est parlante : saisir une lame qui tombe vous coupe les mains.

En apparence contradictoire avec "Buy when there's blood in the streets", cet adage en est en réalité le complément indispensable. Il ne dit pas "n'achetez jamais dans la baisse". Il dit "attendez que la chute se stabilise avant d'intervenir". La différence est subtile mais déterminante pour le portefeuille.

En pratique, les stratèges recommandent d'attendre des signaux de stabilisation : un rebond sur support, une amélioration des volumes, ou simplement quelques séances de consolidation horizontale. Sur Wirecard en 2020, les investisseurs qui ont tenté d'"attraper le couteau" lors des premières révélations du scandale comptable ont vu l'action passer de 100 € à zéro, sans plancher. Sur Meta en 2022, en revanche, attendre la stabilisation autour de 90 $ avant d'entrer s'est révélé extrêmement rentable, puisque le titre a quadruplé dans les 18 mois qui ont suivi.

💡 La leçon Cashbee : la patience est une stratégie. Manquer les premiers 10 % d'un rebond en échange de la certitude de ne pas acheter une valeur en faillite est un compromis raisonnable — surtout pour l'investisseur non-professionnel.

"Time in the market beats timing the market" : l'arme secrète du long terme

"Time in the market beats timing the market." → “Le temps dans le marché bat le fait d’essayer de le timer”

Rester investi sur la durée est plus efficace que d'essayer de deviner les meilleurs moments pour entrer et sortir. C'est peut-être l'adage le mieux étayé empiriquement. Et celui que nous défendons le plus chez Cashbee.

La mécanique est implacable. Selon une étude J.P. Morgan Asset Management portant sur 20 ans du S&P 500 (2003–2023), un investisseur resté investi en permanence aurait transformé 10 000 $ en plus de 64 000 $. Celui qui aurait manqué les 10 meilleures journées n'aurait obtenu que 29 000 $. Manquer les 20 meilleures ? 17 000 $. Ces journées exceptionnelles surviennent presque toujours au cœur des crises, précisément quand l'investisseur anxieux est sorti du marché.

L'adage répond ainsi à presque tous les autres : il désamorce le "Sell in May" (les meilleures journées de l'été font partie du rendement annuel), nuance le "Blood in the streets" (rester investi vaut souvent mieux qu'attendre le point bas parfait), et tempère le "Trend is your friend" (sortir à la première déception pour re-rentrer plus tard est statistiquement perdant).

💡 La leçon Cashbee : la régularité des versements et la durée d'investissement sont vos deux plus grands alliés. C'est la raison pour laquelle nous recommandons systématiquement à nos clients des versements programmés mensuels sur un horizon d'au moins 10 ans, indépendamment des conditions de marché du moment.

Le verdict des chiffres : mi-figue, mi-raisin

Quand nous avons analysé, avec l'aide de l'IA, les stratégies d'investissement qui découlent de chacun de ces adages, les statistiques sont éloquentes et convergent vers un même constat : fiables en moyenne, piégeuses en exécution.

  • Sell in May and go away : sur des périodes longues, cette stratégie aurait délivré une surperformance de 1 % à 2 %, mais cet avantage théorique est rapidement érodé par les frais associés aux sorties et opérations de réinvestissement.

  • Buy when there's blood in the streets : en investissant en pleine "crise", un investisseur aurait réalisé une sur-performance de +15 % annualisé selon J.P. Morgan. Mais la même étude souligne combien il est difficile, voire impossible, de définir le point le plus bas, et combien il est dangereux de rester à l'écart du marché en l'attendant.

  • The trend is your friend : une fois qu'un investisseur individuel a identifié une tendance, il est souvent trop tard pour en profiter. Des traders et fonds institutionnels dotés d'algorithmes tournant 24h/24 l'ont déjà arbitrée.

  • Don't fight the Fed : corrélation d'environ 85 % entre phases haussières et politique accommodante. Mais les marchés anticipent les changements de politique ...et ces anticipations sont parfois erronées.

  • Bull markets climb a wall of worry : statistiquement valide : 90 % des marchés haussiers poursuivent leur hausse malgré un environnement anxiogène. Jusqu'au moment où ils ne montent plus. La durée précise de ce prolongement varie énormément.

  • Never catch a falling knife : les données confirment que les titres en baisse continue sous-performent le marché de 5 à 10 % supplémentaires avant de se stabiliser. La patience surpasse statistiquement l'achat "au feeling" du creux.

  • Time in the market beats timing the market : c'est l'adage le mieux documenté. Sur 20 ans, rester investi en permanence versus manquer les 10 meilleures séances divise le rendement par plus de deux. Sur 30 ans, l'effet des intérêts composés rend le market timing structurellement perdant pour la grande majorité des investisseurs.

Alors, les adages financiers, utiles ou pas ?

Il nous semble que chaque maxime financière mérite d'être considérée parce qu'elle souligne des dynamiques et des références de marché utiles à connaître et comprendre. Comme elles sont faciles à retenir, elles peuvent aider les investisseurs à mieux saisir ce qui influe sur les conditions de marché et l'évolution des prix.

💡 Il s'agit donc de signaux à observer. Mais pas d'outils de décision d'investissement. La distinction est importante. Un adage vous dit quoi regarder ; il ne vous dit pas quoi faire.

Une décision d'investissement doit être fondée sur un ensemble d'éléments : le contexte de marché, les éléments spécifiques à l'actif (que se passe-t-il dans l'entreprise ou le secteur ?), et la valorisation de l'actif. Le tout rapporté à votre profil d'investisseur, votre horizon de placement, votre stratégie plus globale et votre objectif financier. Sans oublier que 80 % des erreurs sont le fruit de décisions prises sous l'effet de l'émotion.

Pour aller à l'essentiel : la discipline bat, de loin, le dicton. Et la durée bat, de loin, le timing.

Chez Cashbee, on préfère les méthodes simples aux maximes faciles. Un portefeuille diversifié qui correspond à votre personnalité et vos convictions, investi sur plus de 10 ans et qui bénéficie de contributions mensuelles fixes, quelles que soient les conditions de marché, est, selon nous, le moyen le plus solide pour un épargnant individuel d'atteindre ses objectifs financiers.

👉 Retrouvez Marc Tempelman sur Cashbee et sur LinkedIn

🌎 La minute éducative : Commerce mondial et flux financiers
Un article rédigé par Valentin Aufrand

Lorsqu’un ménage français achète une voiture allemande, paie un abonnement logiciel américain, réserve quelques nuits d’hôtel à l’étranger ou commande des produits fabriqués en Asie, il ne pense évidemment pas à la balance des paiements. Mais à l’échelle d’un pays, ces transactions justifient si une économie vend plus qu’elle n’achète au reste du monde, ou si elle consomme et investit davantage que ce qu’elle produit pour l’extérieur.

La balance commerciale représente les échanges de biens d’un pays avec le reste du monde. Lorsqu’on ajoute les échanges de services, comme les logiciels, les services financiers ou le tourisme, on parle plutôt de balance des biens et services. Lorsqu’un pays exporte plus qu’il n’importe, il affiche un excédent. Lorsqu’il importe plus qu’il n’exporte, il affiche un déficit. Ces soldes sont souvent exprimés en pourcentage du Produit intérieur brut (PIB), afin de comparer plus facilement les pays entre eux.

Dans un monde où les politiques publiques, les frictions financières et les choix institutionnels ne joueraient aucun rôle, ces déséquilibres devraient se corriger relativement rapidement. Un pays déficitaire qui s’endette vis-à-vis du reste du monde devrait finir par freiner sa demande, affaiblir sa monnaie, rendre ses exportations plus compétitives et réduire progressivement son déficit. À l’inverse, un pays excédentaire devrait voir sa monnaie s’apprécier, ce qui finirait par peser sur ses exportations.

Dans la réalité, ce mécanisme fonctionne rarement aussi bien. Certains pays maintiennent des excédents de balance courante pendant plusieurs décennies, comme la Chine, l’Allemagne ou la Corée, tandis que d’autres accumulent des déficits récurrents, comme les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada ou la France.

On explique souvent ces écarts par la rigueur supposée des premiers et le laxisme supposé des seconds, mais cette lecture est trop simpliste. Les États-Unis comptent parmi les pays les plus déficitaires au monde, alors que les Américains travaillent davantage que les habitants de nombreuses autres économies développées. La France était encore excédentaire sur les biens et services à la fin des années 1990, alors que l’Allemagne affichait encore une balance courante déficitaire autour de 2000. Les Français ne sont pas soudainement devenus moins travailleurs, pas plus que les Allemands ne sont soudainement devenus plus disciplinés.

Le basculement vient souvent de choix économiques, industriels et institutionnels. Ces choix modifient la manière dont la richesse est répartie entre les ménages, les entreprises et l’État. Une dévaluation monétaire en donne l’exemple le plus direct. Elle rend les exportations d’un pays plus compétitives, mais elle réduit aussi le pouvoir d’achat des ménages lorsque les produits importés deviennent plus chers. Le gain de compétitivité des entreprises se paie donc en partie par une perte de pouvoir d’achat des ménages.

L’Allemagne du début des années 2000 illustre une autre version de ce mécanisme. Les réformes de Schröder ont renforcé un mouvement de modération salariale déjà engagé depuis les années 1990. Les lois Hartz ont notamment réduit le pouvoir de négociation d’une partie des salariés, ce qui a contribué à un ralentissement des salaires par rapport à la productivité et à la croissance du PIB. La part de richesse captée par les salariés a diminué, tandis que celle des entreprises a augmenté. Cette évolution a renforcé les marges, l’investissement et la compétitivité-prix des entreprises allemandes, mais elle a aussi limité la progression de la consommation intérieure.

Dans un monde fini, les surplus des uns font les déficits des autres, que ce soit sur le plan commercial ou financier. Un déficit de balance courante est donc financé par le reste du monde, directement ou indirectement, par les pays en excédent. C’est pour cette raison que le compte financier de la balance des paiements est le pendant comptable de la balance courante (le compte de capital restant généralement marginal). Lorsqu’un pays importe plus qu’il n’exporte, le reste du monde lui prête, achète ses actifs, investit dans ses entreprises, dans ses obligations, dans son immobilier ou dans ses marchés financiers.

Pour les pays en développement à forte croissance, ce mécanisme est logique voire nécessaire car leurs besoins d’investissement sont généralement très supérieurs à leur épargne domestique. Néanmoins, pour les grandes économies développées, le besoin d’épargne étrangère est beaucoup plus difficile à justifier, surtout que leur besoin d’investissement est généralement plus faible. Dans leur cas, la balance courante semble surtout dépendre du degré d’ouverture du compte financier, de la profondeur des marchés de capitaux, de la qualité des institutions et de la capacité du pays à attirer l’épargne étrangère.

Cela expliquerait pourquoi les grands pays anglo-saxons enregistrent tous des déficits commerciaux presque constants. Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie disposent de marchés financiers profonds, liquides et accessibles, d’un cadre juridique solide, d’une gouvernance d’entreprise généralement favorable aux actionnaires et d’un respect élevé de l’État de droit. Ces qualités attirent l’épargne étrangère en quantité importante, soutenant le crédit, les prix des actifs financiers et immobiliers, et la demande intérieure. Ils ne financent pas toujours des investissements productifs comme des ouvertures d’usines, mais maintiennent une devise forte, ce qui rend les importations moins chères et les exportations moins compétitives, aggravant leur problème.

La lecture habituelle consiste alors à reprocher aux pays déficitaires de ne pas être assez compétitifs pour des raisons culturelles. Mais en réalité, le problème vient surtout des pays constamment excédentaires, puisqu’ils maintiennent artificiellement une demande intérieure trop faible, comprime les salaires, favorisent l’épargne des entreprises ou limitent la progression du pouvoir d’achat des ménages. Si ces pays recyclaient davantage leurs excédents dans leur propre économie, notamment en améliorant le pouvoir d’achat des ménages, la demande mondiale augmenterait et les déséquilibres commerciaux se réduiraient.

Sortir de ce modèle est toutefois politiquement difficile, car cela suppose souvent d’inverser une partie du transfert opéré en faveur des entreprises. Les salaires doivent progresser plus vite, la protection sociale peut être renforcée, ou la fiscalité peut devenir moins favorable aux entreprises. Mais ce rééquilibrage réduit aussi l’avantage compétitif de secteurs qui ont longtemps gagné des parts de marché grâce à des coûts contenus. C’est l’une des raisons pour lesquelles la Chine annonce régulièrement vouloir soutenir sa consommation intérieure, sans pour autant mettre en place les réformes profondes qui permettraient de transférer davantage de revenu vers les ménages.

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Les facteurs de risques sont notamment :

  • Risque de marché : Les investisseurs doivent garder à l’esprit que l’évolution du cours des actions des entreprises susmentionnées dépend de nombreux facteurs d’influence entrepreneuriaux, conjoncturels et économiques, qui doivent être pris en compte lors de la formation d’une opinion de marché correspondante. Le cours des actions peut toujours évoluer différemment de ce que les investisseurs attendent, ce qui peut entraîner des pertes. De plus, les performances passées et les opinions des analystes ne sont pas des indicateurs pour l’avenir.

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  • Risque de perte du capital : Les produits émis par Vontobel peuvent présenter une perte en capital. La perte du capital investi peut même être totale en cas d’évolution particulièrement défavorable du sous-jacent.

  • Risque de change : Les produits dont le sous-jacent cote en devise étrangère et s’ils ne sont pas couverts contre le risque de change (quanto), ils sont sensibles à l’évolution du taux de change.

  • Produits à l'effet de levier : L'effet de levier démultiplie le rendement du sous-jacent. En cas d'évolution défavorable du cours du sous-jacent, les pertes seront plus que proportionnelles à celles d'un investissement direct. L'effet de levier fonctionne à la hausse comme à la baisse.

  • Worst of : Certains produits se réfèrent à plusieurs sous-jacents. Ainsi, le degré de dépendance de l'évolution de la valeur des sous-jacents les uns par rapport aux autres (appelé corrélation) est essentiel pour évaluer le risque qu'au moins un sous-jacent atteigne sa barrière. Les investisseurs doivent savoir qu'en présence de plusieurs sous-jacents, c'est le sous-jacent qui a le moins bien évolué pendant la durée de vie des titres (structure dite « Worst-of ») qui est déterminant pour la détermination du montant du versement. Le risque de perte du capital investi est donc nettement plus élevé avec les structures Worst-of qu'avec les titres à un seul sous-jacent.

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  • Risque de résiliation du produit : l’émetteur dispose d’un droit de résiliation des produits open-end. Ce droit peut être exercé selon les conditions prévues dans le Prospectus de Base.

  • Risque de spread : le spread appliqué au prix des produits est susceptible d’évoluer au cours du temps.

  • Risque de liquidité : une cotation en continue des produits n’est pas garantie. Il est possible que la cotation d’un produit soit momentanément interrompue.

Cette information n'est ni un conseil en placement ni une recommandation de placement ou de stratégie de placement, mais de la publicité. Les informations complètes sur les instruments financiers, y compris les risques, sont décrites dans le prospectus de base respectif, ainsi que tout supplément éventuel, et dans les Conditions Définitives respectives. Le prospectus de base et les Conditions Définitives respectifs constituent les seuls documents de vente contraignants pour les instruments financiers. Il est recommandé aux investisseurs potentiels de lire ces documents avant de prendre toute décision d'investissement afin de bien comprendre les risques et les avantages potentiels de la décision d'investir dans les instruments financiers. Les investisseurs peuvent télécharger ces documents et le document d'information clé sur le site Internet de l'émetteur, Vontobel Financial Products GmbH, Bockenheimer Landstrasse 24, 60323 Frankfurt am Main, Allemagne, sur prospectus.vontobel.com. En outre, le prospectus de base, tout supplément au prospectus de base et les Conditions Définitives sont disponibles gratuitement auprès de l'émetteur. L’approbation du prospectus ne doit pas être considérée comme un avis favorable sur les valeurs mobilières. Vous êtes sur le point d'acheter des instruments financiers qui ne sont pas faciles et qui peuvent être difficiles à comprendre. Ces informations contiennent une indication à des performances passées. Le rendement passé n'est pas un indicateur fiable des résultats futurs.

Document communiqué à l’AMF conformément à l’article 212-28 de son Règlement Général.

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