
Lettre n°105 - Mercredi 12 août
Cher lecteur, chère lectrice,
Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle édition de ma newsletter.
Cette semaine, on parle de Bitcoin. Depuis son record historique, il a perdu près de 50%. Assez pour paraître bon marché, mais est-ce que les indicateurs confirment vraiment la fin de la baisse ? Pourrions-nous aller plus bas sachant que les précédents cycles avoisinaient les -80% ?
Pour y voir clair, j'ai invité Laurent Cosmos, spécialiste crypto chez Zonebourse, qui a analysé les données on-chain et les flux des ETF. À l’été 2025, Laurent avait un biais baissier sur le marché. Un an plus tard, il fait sa mise à jour : est-ce un bon moment pour commencer à se placer, ou vaut-il mieux rester à l'écart et prendre son temps ?
Ensuite, si tu n'as pas encore de compte Trade Republic : 50 € en ETF t'attendent via mon lien ambassadeur !
Tu retrouveras ensuite ma dernière vidéo sur Airbus et comment l'Europe a mis les USA à genoux. Et pour finir, la minute éducative de Thomas Laurent sur les biais cognitifs.
Je te souhaite une bonne lecture.
Les grandes lignes (13 min de lecture)
🟠 Bitcoin en 2026 : acheter la baisse, attendre le point bas ou rester à l’écart ?
🎁 Recevez 50€ en ETF avec Trade Republic.
✈️ Comment l’Europe a mis Boeing à genoux.
🧠 La minute éducative : les coûts irrécupérables.

Découverte de mes vacances : Gimel les cascades, superbe petit village de Corrèze
🟠 Bitcoin en 2026 : acheter la baisse, attendre le point bas ou rester à l’écart ?
Un article rédigé par Laurent Cosmos
Le bitcoin évolue autour de 64 000 dollars. Un niveau peut sembler élevé lorsqu’on se souvient qu’un BTC valait moins de 20 000 dollars quatre ans plus tôt. Mais il représente désormais une baisse de près de 50% par rapport au record historique de 126 000 dollars atteint en octobre 2025.
Pour les investisseurs, la situation est donc particulièrement inconfortable. Le bitcoin a déjà suffisamment chuté pour paraître bon marché, mais pas encore assez pour que les indicateurs confirment clairement la fin du marché baissier.
1. Le point bas n’a pas encore envoyé son justificatif
Premier indicateur surveillé : le MVRV Z-score. Derrière ce nom qui ressemble à un mot de passe Wi-Fi se cache un outil comparant la capitalisation boursière de Bitcoin à sa capitalisation réalisée. Il permet d’identifier les périodes durant lesquelles le BTC a historiquement été très cher ou, au contraire, particulièrement décoté.
Pour le moment, cet indicateur n’a pas encore confirmé un véritable creux de marché.

💡 Le secteur devrait encore montrer des signes plus nets de capitulation, de réduction de l’effet de levier et de retour des capitaux provenant des investisseurs de court terme. Le point bas est peut-être en train de se former, mais il faudrait davantage d’éléments on-chain pour affirmer qu’il est déjà derrière nous.
Autre indicateur très suivi : le prix réalisé de bitcoin. Il correspond, pour simplifier, au prix moyen auquel les BTC actuellement en circulation ont été acquis pour la dernière fois.
Lors de chaque précédent marché baissier, Bitcoin est tombé au moins 20% sous ce niveau avant d’atteindre son point bas définitif.
Cette fois, ce seuil n’a pas encore été atteint. Selon Coinglass, le prix réalisé se situe actuellement autour de 52 600 dollars. Si l’histoire décidait une nouvelle fois de faire du copier-coller, cela pourrait placer un éventuel point bas près de 42 000 dollars.

La saisonnalité n’est pas beaucoup plus rassurante. L’analyste CryptoCon rappelle qu’août et septembre figurent historiquement parmi les mois les plus faibles pour bitcoin, y compris durant les marchés baissiers. Bref, l’été est peut-être calme sur les plages, mais rarement sur les graphiques crypto.

2. Les ETF ne garantissent plus un plancher
L’arrivée des ETF Bitcoin spot aux États-Unis avait largement soutenu le marché en 2024 et 2025. Ces produits permettent aux investisseurs d’acheter une exposition au bitcoin depuis un compte-titres classique, sans devoir gérer un portefeuille numérique ni retrouver une phrase de récupération griffonnée quelque part en 2021.
Pendant la hausse, les ETF étaient présentés comme une gigantesque machine chargée d’absorber les bitcoins disponibles sur le marché.
Le problème, c’est que cette machine fonctionne dans les deux sens.
Lorsque les investisseurs achètent des parts, les fonds doivent acquérir des bitcoins. Lorsqu’ils vendent, les ETF cessent d’acheter et peuvent indirectement remettre davantage d’offre sur le marché.
💡 Dans les chiffres, l’encours total des ETF Bitcoin spot est passé de 163 milliards de dollars en octobre dernier à 77 milliards en août 2026. La fameuse demande institutionnelle n’a donc pas disparu, mais elle est beaucoup moins sympa lorsqu’elle appuie sur le bouton “vendre”.

3. Les obligations reprennent la vedette
Le contexte macroéconomique ne vient pas vraiment sauver l’ambiance.
Le dollar américain progresse depuis le mois de mai, et l’indice DXY a dépassé les 100 points en juin. Or bitcoin évolue historiquement souvent à l’inverse du billet vert : lorsque le dollar se muscle, le BTC a tendance à perdre un peu de souffle.
Selon Glassnode, la performance de bitcoin durant cette remontée du dollar a été plus faible que lors de presque toutes les périodes comparables depuis 2015. Cela suggère une demande particulièrement fragile sur le marché au comptant.
L’une des explications se trouve peut-être du côté des obligations américaines. Celles-ci offrent actuellement des rendements suffisamment intéressants pour détourner une partie des capitaux institutionnels des cryptomonnaies.
💡 Glassnode observe notamment que le rendement annualisé de la stratégie dite de “cash and carry” sur les contrats à terme bitcoin à trois mois reste inférieur au rendement des obligations américaines à deux ans depuis février.
Cette stratégie consiste à acheter du bitcoin au comptant tout en vendant simultanément un contrat à terme, afin d’empocher l’écart entre les deux prix. Une opération appréciée des professionnels, car elle permet théoriquement de gagner de l’argent sans devoir prier chaque soir pour que bitcoin monte.
Mais lorsque les obligations américaines rapportent davantage avec beaucoup moins de montagnes russes, les investisseurs institutionnels ont moins de raisons de choisir la crypto.
Une seule autre période comparable avait duré aussi longtemps : entre août 2022 et janvier 2023. Elle s’était terminée autour du point bas du cycle précédent. Plutôt encourageant pour les patients, beaucoup moins pour ceux qui espéraient un rebond dès la semaine prochaine.

Lorsque les obligations deviennent plus attractives que les stratégies sur Bitcoin, l’effet de levier, la liquidité et les volumes d’échanges ont tendance à diminuer. Le marché devient alors moins dynamique et surtout moins favorable à une reprise rapide du BTC.
Certains analystes anticipent même une pression supplémentaire en provenance du marché obligataire. Le marché du travail américain reste solide et la Réserve fédérale a maintenu ses taux inchangés lors de sa dernière réunion. Les investisseurs pourraient donc continuer à exiger des rendements élevés pour détenir de la dette américaine.
Un mouvement similaire de remontée des taux obligataires avait contribué, à la fin de l’année 2023, à une correction d’environ 10% des actions américaines.
💡 À court terme, le décor macroéconomique reste donc plutôt favorable aux obligations qu’au bitcoin. Et pour une fois, les gestionnaires de fonds peuvent gagner de l’argent sans devoir expliquer ce qu’est une blockchain à leur comité des risques.
Ce qu’il faut retenir :
À environ 64 000 dollars, bitcoin coûte près de 50% de moins qu’à son sommet. Une grande partie de la baisse a probablement déjà eu lieu, le marché a traversé une importante phase de capitulation et plusieurs indicateurs suggèrent que la formation d’un plancher est bien avancée.
Mais la reprise n’est pas encore confirmée.
Les taux américains restent élevés, les obligations concurrencent directement les actifs risqués et les flux institutionnels sont toujours irréguliers. Bitcoin évolue encore sous le coût moyen des acheteurs récents et sous les niveaux nécessaires pour retrouver une structure franchement haussière.
Autrement dit, Bitcoin est peut-être déjà moins cher, mais il n’a pas encore installé le panneau “soldes terminées”. Acheter maintenant peut avoir du sens dans une stratégie progressive et de long terme. Miser sur un point bas déjà confirmé, en revanche, reste encore un pari.
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✈️ Comment l’Europe a mis Boeing à genoux
Un matin d'hiver 1977, des dizaines d'avions de ligne flambant neufs sont alignés sur le tarmac de Toulouse.
Ils sont entièrement blancs.
Pas de logo, pas de propriétaire.
Dans l'aviation, on appelle ça des queues blanches : aucune compagnie au monde n'a voulu les acheter.
Chaque jour, ces avions coûtent une fortune en entretien.
Leur fabricant, un petit consortium européen nommé "Airbus", est au bord de la faillite.
Mais le groupe tente un coup de poker : Il prête gratuitement 4 appareils flambant neufs au PDG d'Eastern Airlines pour les tester sur ses lignes américaines.
Airbus s'engage même à payer la formation des pilotes et la maintenance.
C'est le début d'une des plus grandes réussites européenne.
Voici comment Airbus a mis Boeing à genoux : https://youtu.be/pI3UslPu0VU
🧠 La minute éducative : les coûts irrécupérables
Un article rédigé par Thomas Laurent

Vous achetez une action à 50 €. Elle chute à 30 €….
Que faites-vous ?
Vous vous dites probablement : « je ne vais pas vendre maintenant, j'ai déjà trop perdu » pas vrai ?
Sachez que c'est une mauvaise réponse !
Vous venez de tomber dans le piège des biais cognitifs. Vous venez d'être piégé par le biais du coût irrécupérable (sunk cost fallacy ou sophisme des dépenses engagées).
Richard Thaler (Prix Nobel d'économie 2017) a montré que les êtres humains sont incapables de traiter froidement l'argent déjà dépensé, ce qui influence directement nos décisions financières.
🔴 Le raisonnement du coût irrécupérable : on continue une décision uniquement parce qu'on y a déjà englouti de l'argent.
C'est celui de l'ego et donc des biais cognitifs. Il nous pousse à confondre le passé (ce qui est déjà perdu, et ne reviendra jamais) et l'avenir (ce qui reste à décider).
En bourse, c'est lui qui alimente le refus de couper une perte et le renforcement irrationnel d'une position perdante, car il fonctionne à l'aide de raccourcis mentaux dangereux pour l'investisseur :
« J'ai déjà perdu 40 %, je ne vais pas vendre maintenant » = Ego
« Je dois me refaire sur cette ligne » = Vengeance
« J'y crois depuis le début, je ne vais pas lâcher » = Attachement
🟢 Le raisonnement rationnel, lui, ignore totalement le prix payé et ne regarde que l'avenir.
Il analyse la thèse d'investissement actuelle, compare les alternatives disponibles aujourd'hui et respecte un plan défini à l'avance. C'est le seul raisonnement capable de faire vendre une ligne perdante au bon moment, avant que la perte ne devienne catastrophique.
Mais notre cerveau déteste acter une perte, car cela revient à admettre une erreur. Vendre à perte transforme une moins-value latente (abstraite, indolore) en moins-value réalisée (concrète, douloureuse). Pour éviter cette douleur, on préfère souvent ne rien faire. Ou pire : renforcer une position perdante pour « faire baisser le prix de revient moyen », sans autre justification que l'attachement à la somme déjà engagée.
Revenons maintenant à notre exemple :
Votre action achetée 50 € cote 30 €.
La bonne question n'est jamais « combien ai-je déjà perdu ? »
La bonne question est : « est-ce que j'achèterais cette action aujourd'hui, à 30 €, avec ce que je sais maintenant ? »
Si la réponse est non, la garder n'a aucun sens rationnel, quel que soit le prix auquel vous l'avez achetée.
Ce qui est frappant, c'est que la majorité des investisseurs connaissent ce biais intellectuellement, et tombent quand même dedans à chaque baisse. Le prix payé n'a aucune valeur informative sur la trajectoire future du titre. Le marché ignore totalement votre prix de revient.
Richard Thaler résume ce biais par une formule simple : « sunk costs are sunk ». En français : « ce qui est perdu est perdu, et ne doit peser dans aucune décision future ».
Ces erreurs de raisonnement ne sont pas une fatalité, l'investisseur discipliné peut réintroduire de la rationalité dans ses décisions grâce à des règles écrites à l'avance.
Pour ça, définissez vos seuils de sortie avant d'entrer en position, raisonnez en coût d'opportunité, et tenez un journal de trading pour comparer votre thèse initiale à la réalité, indépendamment du prix payé.
Retenez ceci :
1. Un coût irrécupérable est irrécupérable : il ne doit peser dans aucune décision future.
2. Vendre à perte n'est pas un échec. Rester dans une position perdante juste pour ne pas admettre une erreur, ça, c'en est un.
Bibliographie incontournable pour approfondir le sujet :
Misbehaving : The Making of Behavioral Economics – Richard Thaler
Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée – Daniel Kahneman
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Risque de résiliation du produit : l’émetteur dispose d’un droit de résiliation des produits open-end. Ce droit peut être exercé selon les conditions prévues dans le Prospectus de Base.
Risque de spread : le spread appliqué au prix des produits est susceptible d’évoluer au cours du temps.
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