
Lettre n°108 - Mercredi 30 septembre
Cher lecteur, chère lectrice,
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Pour commencer, le replay de l'atelier que j'ai co-animé dimanche dernier avec Youssef, le fondateur de MasterBourse. Deux heures pour apprendre à muscler tes rendements grâce à l'allocation de portefeuille : si tu l'as raté, c'est le moment de le rattraper.
Ensuite, Jérôme Pacaud, investisseur français avec plus de 15 ans d'expérience sur les marchés, nous parle de 3 actions européennes. On lit partout que l'Europe se déclasse. Pourtant, entre les small caps de niche, des valorisations plus basses qu'aux États-Unis et l'avantage du PEA, il y a encore de quoi faire !
Pour finir, la minute éducative d'Omar Dibo (Finneko) sur la dette des États : pourquoi ils s'endettent en permanence, et pourquoi ce n'est pas toujours grave.
Avant de commencer, quelques photos de Madagascar.
Visite de l’intérieur du pays de Tana à Tulear 🇲🇬




Les grandes lignes (14 min de lecture)
🎓 Le replay de l'atelier avec MasterBourse.
🇪🇺 Europe is beautiful : pourquoi les actions européennes offrent encore de belles opportunités.
🌎 La minute éducative : pourquoi les États s'endettent.
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🎓 Le replay de l'atelier avec MasterBourse
Dimanche 27 septembre, j'ai co-animé un atelier en ligne avec Youssef Harrabi, le fondateur de MasterBourse. Et vous étiez plus de 2100 connectés en direct ! Merci à tous pour votre présence.
Si tu n'as pas pu être là, je te recommande vivement de regarder le replay. Tu y trouveras les 3+1 leviers à actionner dès aujourd'hui pour muscler durablement tes performances :
Quels actifs choisir,
Quels contrats éviter,
Quelle enveloppe fiscale privilégier,
Et surtout quelle allocation au sein de ton portefeuille.
Youssef nous a fait découvrir des méthodes qui, à ma connaissance, n'avaient jamais été partagées ailleurs. Profite-en !
Le replay est disponible jusqu’à dimanche en cliquant sur ce lien :
🇪🇺 Europe is beautiful : pourquoi les actions européennes offrent encore de belles opportunités
Un article rédigé par Jérôme Pacaud (Quality Stocks)
Alors qu'on lit partout que l'Europe se déclasse et que l'on déplore régulièrement le manque de grandes valeurs technologiques sur les marchés européens, le continent conserve pourtant de nombreux atouts et regorge de belles entreprises, dont certaines sont même éligibles au PEA.
Dans cet article, je vous propose de revenir sur les principaux avantages des marchés européens, sur les forces structurelles de la région, puis de les illustrer à travers 3 entreprises que je trouve particulièrement intéressantes et qui, chacune à leur manière, s'appuient sur ces atouts.
Pourquoi l'Europe reste un terrain de chasse particulièrement intéressant
L'un des premiers atouts de l'Europe vient paradoxalement de son éclatement. Contrairement aux États-Unis, le continent est constitué d'une multitude de marchés, de places boursières et d'économies très différentes. Pour un investisseur, c'est une richesse : les cotes européennes regorgent de small caps opérant sur des marchés de niche, parfois leaders mondiaux sur leur segment mais encore peu suivies par les investisseurs internationaux. Ces marchés peuvent sembler modestes, mais ils offrent parfois suffisamment de profondeur pour permettre à une entreprise bien positionnée de faire croître durablement son bénéfice par action.
L'Europe dispose également d'un environnement favorable à l'innovation. Elle s'appuie sur un tissu important d'ingénieurs, de chercheurs, d'universités et de centres de recherche. Cette innovation est souvent moins visible que celle de la Silicon Valley, car elle s'exprime davantage dans l'industrie, la santé, l'automatisation, les équipements ou les technologies de pointe que dans les grandes plateformes grand public.
Il existe aussi, selon moi, une différence culturelle intéressante au niveau des équipes de direction. Les dirigeants européens sont souvent moins flamboyants, avec une communication plus sobre et des objectifs parfois plus conservateurs. Il existe évidemment de nombreux contre-exemples, mais cette prudence peut offrir davantage de stabilité et de visibilité. Un management qui promet peu et délivre régulièrement finit par donner de la valeur à sa parole.
Cette approche plus conservatrice se retrouve aussi dans l'utilisation des stock-based compensations (la rémunération en action à destination des salariés mais surtout de quelques top managers). Elles sont généralement moins importantes qu'aux États-Unis, notamment dans la technologie. Or une forte dilution peut absorber une part significative de la valeur créée pour les actionnaires, même lorsque le free cash-flow affiché paraît excellent.
L'autre grande force de l'Europe réside dans son exposition sectorielle. Le continent compte peu de géants comparables à Google ou Meta, mais possède des leaders mondiaux dans de nombreuses industries. L'aéronautique en est un bon exemple, mais on peut aussi citer la défense, le luxe, les équipements industriels, l'automatisation, les technologies médicales, la pharmacie, la banque, l'assurance ou encore certains segments des semi-conducteurs. Ces secteurs bénéficient souvent de barrières à l'entrée élevées : savoir-faire, certifications, propriété intellectuelle, relations clients ou complexité industrielle.
Plusieurs tendances structurelles peuvent également soutenir ces entreprises pendant de nombreuses années. Le vieillissement de la population favorise la santé et les dispositifs médicaux. Les tensions géopolitiques poussent les dépenses de défense. La modernisation des infrastructures et des réseaux soutient les équipementiers, tandis que l'électrification nécessite des investissements massifs dans les réseaux, les composants et les systèmes de gestion de l'énergie. Même la réglementation européenne peut créer de nouveaux marchés pour les entreprises capables d'aider leurs clients à s'y conformer.
Enfin, il y a évidemment la question de la valorisation. Les actions européennes se négocient en moyenne à des multiples inférieurs à ceux du marché américain. Cette décote s'explique en partie par des différences sectorielles et par des perspectives de croissance moyennes plus faibles : il serait donc trop simple de comparer uniquement les multiples.
Écart de PE US vs Europe :

Pour un stock picker, cela reste néanmoins intéressant. Il est parfois possible de trouver des entreprises de qualité, capables de faire croître leur bénéfice par action à un rythme attractif, sans payer les multiples exigés sur certaines valeurs américaines.
L'intérêt de l'Europe n'est donc pas d'acheter des entreprises simplement parce qu'elles sont moins chères, mais de trouver celles dont la qualité et le potentiel de croissance ne sont pas encore pleinement reflétés dans leur valorisation. Cela demande de la sélectivité, mais cela veut dire qu'il est possible de générer des gains importants y compris dans une zone économique moins dynamique !
Une entreprise européenne n'est pas forcément un pari sur l'Europe
Il y a enfin une confusion importante à éviter : il ne faut pas confondre le pays dans lequel une entreprise est cotée avec l'origine de ses revenus. Une société peut avoir son siège dans un pays européen tout en réalisant l'essentiel de son chiffre d'affaires aux États-Unis, en Asie ou ailleurs dans le monde. Beaucoup d'entreprises européennes sont donc bien plus internationales que leur cotation ne le laisse penser.
Pour les investisseurs français, il existe également un avantage majeur : le PEA. Pouvoir détenir de nombreuses entreprises européennes dans une enveloppe fiscalement avantageuse peut faire une vraie différence sur le rendement net à long terme. La fiscalité ne doit jamais transformer une mauvaise entreprise en bon investissement, mais entre deux opportunités comparables, cet avantage compte.
C'est donc avec cette grille de lecture que j'aborde le marché européen : de nombreuses entreprises spécialisées, un tissu scientifique et industriel solide, des managements souvent plus prudents, une dilution généralement plus limitée, des positions fortes dans plusieurs industries et des valorisations parfois plus attractives.
Reste maintenant à voir comment ces avantages se traduisent concrètement au niveau des entreprises.
Toutes les entreprises européennes ne bénéficient évidemment pas de la même manière des atouts évoqués précédemment. L'objectif est donc d'identifier celles qui combinent un marché porteur, une position concurrentielle forte, une capacité à réinvestir leur capital à des rendements élevés et une valorisation qui laisse encore de la place à la création de valeur.
Voici la checklist que j'aime utiliser pour chercher ce type d'opportunités :
Un marché suffisamment important et encore en croissance
Une position de niche difficile à répliquer avec un avantage concurrentiel (même naissant)
Une activité exposée à une tendance structurelle
Une capacité à vendre au-delà de son marché domestique
Une croissance organique régulière qui pourra se prolonger longtemps
Des marges élevées ou en progression (avec une préférence pour celles en progression)
Une allocation du capital disciplinée
Une dilution limitée (ce qui permettra d'éviter les pièges des entreprises devant recapitaliser en diluant sur le marché)
Un bilan solide / une dette raisonnable
Une valorisation cohérente avec le potentiel de croissance en utilisant le classique PEG inférieur à 1
💡 PEG (Price/Earnings to Growth) : le PER divisé par le taux de croissance annuel attendu des bénéfices. Une action qui se paie 20 fois ses bénéfices avec 20 % de croissance a un PEG de 1. En dessous de 1, la croissance est considérée comme payée à un prix raisonnable.
Évidemment, cette liste n'est ni exhaustive, ni une recette miracle, mais elle permet déjà de tamiser efficacement. Et justement, je vous propose maintenant de découvrir 3 sociétés européennes qui possèdent un profil intéressant.
1. Norbit : la technologie industrielle norvégienne sur le marché de l'océan
Norbit est une société technologique industrielle norvégienne spécialisée dans trois domaines : les technologies maritimes avec notamment ses sonars, les solutions de connectivité comme les systèmes de péage satellitaire, et la conception/fabrication électronique sur mesure pour des clients industriels. C'est presque un condensé des qualités évoquées précédemment : une small cap positionnée sur des niches technologiques, beaucoup d'ingénierie et de propriété intellectuelle, une production largement intégrée et une exposition croissante à la défense et à la souveraineté industrielle européenne. Le marché final est pourtant mondial, notamment dans les technologies sous-marines.
Ambition 2030 de chiffre d'affaires :

(source : présentation investisseurs 2026 Norbit)
La thèse d'investissement
Croissance structurelle sur plusieurs marchés de niche
Position forte dans les sonars et technologies sous-marines
Forte croissance du péage satellitaire en Europe et des marchés défense et sécurité
R&D et production intégrées = maîtrise technologique et industrielle
Plusieurs relais de croissance et activités = diversification
Acquisitions susceptibles d'élargir progressivement le marché adressable avec un track record excellent
Management qui a historiquement atteint ses objectifs stratégiques en avance et qui prévoit près de 20 % de croissance organique d'ici 2030
Ambition de conserver un ROCE supérieur à 30 % à long terme (ROCE = Return sur Capital Employé, la capacité d'investir en générant de la valeur)
Les risques à surveiller
La croissance organique de nombreux secteurs faiblit et semble en dessous des objectifs du management
Les marges restent à surveiller, c'est un indicateur important du pricing power de l'entreprise
Dépendance à quelques contrats importants et volatilité des commandes créant des effets de cycle
Concentration croissante sur la défense
Les métriques

Conclusion
L'entreprise est poussée fortement par plusieurs marchés et le management est de grande qualité. La rentabilité importante des capitaux employés et l'historique positif d'acquisitions pertinentes à prix raisonnable jouent en la faveur de l'entreprise norvégienne.
Le niveau actuel est pertinent et la zone d'achat est belle (autour de 160 NOK). Pour un achat en 2 temps, la zone suivante se situe autour des 125 NOK.
2. Diaceutics : un mix entre technologie et santé au cœur de la médecine de précision

(source : présentation investisseurs de Diaceutics)
Diaceutics est une société britannique (Europe géographique) spécialisée dans la médecine de précision. Sa plateforme DXRX combine données diagnostiques, réseau mondial de laboratoires et services spécialisés afin d'aider les groupes pharmaceutiques à identifier les patients susceptibles de bénéficier de leurs traitements et à mieux commercialiser les thérapies associées à des biomarqueurs.
C'est également un excellent exemple du principe selon lequel l'origine d'une entreprise ne correspond pas forcément à l'origine de ses revenus : Diaceutics est basée au Royaume-Uni, mais plus de 93 % de son chiffre d'affaires 2025 provenait d'Amérique du Nord où elle travaille avec de très nombreux laboratoires pharmaceutiques. L'identification des patients est gagnant-gagnant : le laboratoire rentabilise près de 100x le coût de Diaceutics, le patient peut recevoir un traitement dont il ignorait l'existence.
La thèse d'investissement
Exposition à la croissance de la médecine de précision
Plateforme propriétaire alimentée par des données difficiles à répliquer
Relations avec 18 des 20 plus grands groupes pharmaceutiques mondiaux
ARR (Annual Recurring Revenue, le revenu venant d'abonnements et donc prévisible et récurrent) en forte accélération (+75 % au dernier trimestre, bien au-delà de la croissance des revenus)
Revenus progressivement plus récurrents et meilleure visibilité
Fort potentiel de levier opérationnel (augmentation très forte des bénéfices par action via l'augmentation de marge)
💡 Levier opérationnel : quand une entreprise a beaucoup de coûts fixes (une plateforme, des laboratoires), chaque euro de chiffre d'affaires supplémentaire coûte peu à produire. Les bénéfices par action (EPS) peuvent alors grimper bien plus vite que les ventes.
Les risques
Incertitude quant à la capacité à maintenir une croissance autour de 20 %
Concentration clients : le premier client représentait 18 % du CA 2025
Risque de change important face au dollar
L'entreprise est petite, on peut donc imaginer que la réplication n'est pas si difficile à faire
Les métriques

Conclusion
Diaceutics correspond à l'entreprise high risk high reward (risque élevé pour gain potentiel important) de cette sélection. On retrouve une croissance rapide, un levier opérationnel potentiel qui devrait faire exploser les EPS et quelques métriques avancées qui pourraient cacher un niveau de performance futur en accélération (l'ARR qui croît à toute vitesse vs le CA).
L'entreprise reste petite (150 M€ de capitalisation) avec un niveau de liquidité limité et un risque fort d'exécution. La hausse de ces derniers jours est justifiée par une publication de qualité, il faudra attendre une consolidation (vers la zone des £1,5 à £1,6, 20 % en dessous du cours actuel) pour entrer.
3. Eurofins : une entreprise intéressante dans le CAC 40
Et oui, le dernier est directement dans le CAC 40, mais sur une entreprise peu suivie. Eurofins est l'un des leaders mondiaux des analyses et tests en laboratoire, avec des activités dans l'alimentation, l'environnement, la pharmacie, les biotechnologies, les cosmétiques ou encore les matériaux avancés. Le groupe dispose d'un réseau présent dans des dizaines de pays.
Longtemps suivi pour sa croissance explosive, l'entreprise est entrée dans une phase de digestion qui a été accentuée par l'effet de sortie du COVID.
Chiffres clés d'Eurofins :

(source : présentation investisseurs Eurofins)
La thèse d'investissement
Leader mondial des tests et analyses
Marchés soutenus par la réglementation et des besoins croissants de contrôle
Revenus géographiquement très diversifiés
Barrières à l'entrée importantes : laboratoires, certifications, expertise et besoin d'une taille critique pour affronter les prix
Marché encore fragmenté permettant de poursuivre la consolidation (acquisitions externes)
Potentiel important de levier opérationnel (marge en croissance)
Famille fondatrice toujours fortement actionnaire, avec 36,5 % du capital
Les risques
Croissance organique plus basse qu'auparavant et inférieure aux attentes
Un reporting parfois manquant de transparence et d'honnêteté
Dette toujours importante limitant la taille de la croissance externe
Risque d'intégration sur les acquisitions externes
Les métriques

Conclusion
Eurofins est une valeur défensive de croissance par définition. Sa taille est importante et lui permet de conserver une longueur d'avance. Le management, bien que parfois un peu opaque, est néanmoins très dynamique et impliqué dans la croissance de l'entreprise.
L'entreprise est toujours 50 % en dessous de son plus haut de 2021, mais a déjà rebondi de plus de 60 % depuis les bas de 2024. La valorisation n'est pas excessive mais mériterait un petit mieux pour justifier une entrée. Les plus gourmands pourraient viser la zone 60 € - 65 € qui serait une belle opportunité à long terme.
👉 Retrouvez Jérôme Pacaud sur Quality Stocks et sur Twitter
Jérôme est un investisseur français avec plus de 15 ans d'expérience sur les marchés et une solide expérience en conseil en stratégie. En parallèle de ses investissements, il accompagne des entreprises sur leurs enjeux de transformation, de performance financière et d'exécution stratégique. Cette double expérience lui permet d'analyser les sociétés au-delà des chiffres, en étudiant aussi leur modèle économique, leur avantage concurrentiel et leur capacité à exécuter.
Avec Quality Stocks, il partage une approche simple et rigoureuse pour identifier des entreprises de qualité et de croissance à prix raisonnable.
🌎 La minute éducative : pourquoi les États s'endettent
Un article rédigé par Omar Dibo (Finneko)

Si un ménage dépensait toujours davantage qu'il ne gagne, sa situation finirait par devenir problématique. Pourtant, appliquer la même logique à un État serait une erreur. Beaucoup oublient que la dette publique n'est pas forcément le signe d'une mauvaise gestion et peut être un outil économique très rationnel.
D'abord, certaines dépenses produisent des effets pendant plusieurs années. Par exemple, quand un État modernise son réseau électrique ou finance de nouvelles infrastructures, il engage des dépenses dont les bénéfices seront perçus par les générations futures. Tout financer immédiatement par l'impôt reviendrait à faire supporter l'intégralité du coût aux contribuables actuels. L'endettement permet alors d'étaler ce financement dans le temps tout comme une entreprise qui emprunte pour réaliser un investissement dont elle espère tirer des revenus futurs.
Ensuite, la dette sert aussi à absorber les chocs économiques. Imaginons que nous entrons en récession. Comme vous le savez, l'activité ralentit et les recettes fiscales diminuent alors que certaines dépenses, comme les allocations chômage, augmentent. Si l'État cherchait absolument à équilibrer son budget en augmentant les impôts ou en réduisant drastiquement ses dépenses, il risquerait d'accentuer le ralentissement car l'économie se retrouverait avec moins de consommation. Accepter temporairement davantage de déficit et de dette permettrait de soutenir l'économie jusqu'à ce que la situation se normalise.
Enfin et surtout, un État n'a pas vocation à rembourser toute sa dette comme un particulier rembourse son crédit immobilier. Quand une obligation arrive à échéance, le Trésor peut en émettre une nouvelle pour rembourser la précédente. Au-delà du montant absolu de la dette, ce qui va réellement compter c'est surtout la capacité de l'économie à la supporter. La croissance et les taux d'intérêt deviennent donc essentiels.
Si l'économie et les recettes publiques progressent plus vite que le coût de financement de la dette, celle-ci peut rester assez facile à gérer même quand elle est élevée. L'inflation peut aussi alléger le poids de la dette puisque les revenus et les recettes de l'État augmentent avec les prix alors que le montant de la dette déjà empruntée ne change pas. L'inverse existe aussi car quand les taux d'intérêt augmentent durablement alors que la croissance reste faible, comme c'est le cas en France aujourd'hui, le calcul devient plus problématique parce qu'une part croissante du budget doit être consacrée au paiement des intérêts.
Le plus important, avant tout, est de savoir comment un État s'endette, dans quelle monnaie, à quel taux, sur quelles maturités et surtout pourquoi. Une dette qui sert à financer des investissements capables d'augmenter sur la durée la capacité productive d'un pays est très différente d'une dette qui augmente année après année parce que les dépenses courantes progressent plus vite que les recettes. Aussi, un État capable d'emprunter dans sa propre monnaie auprès d'une base d'investisseurs solide dispose généralement de davantage de marge de manœuvre qu'un pays qui dépend en grande partie de financements étrangers, comme le Brésil par exemple.
À partir du moment où les investisseurs commencent à douter de la capacité d'un État à stabiliser ses finances, ils exigent des taux d'intérêt plus élevés pour continuer à lui prêter. Derrière, ces taux augmentent la charge d'intérêts, aggravent le déficit et peuvent obliger l'État à emprunter encore davantage. Dans ce cas, la dette pose un vrai problème budgétaire et commence elle-même à alimenter son propre coût.
Comme souvent en économie, le chiffre seul raconte assez peu de choses et c'est surtout le contexte qui lui donne son sens.
👉 Retrouvez Omar Dibo sur Twitter
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Comment sélectionner les entreprises européennes à fort potentiel ?