
Lettre n°110 - Mercredi 28 octobre
Cher lecteur, chère lectrice,
Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle édition de ma newsletter.
Avant de commencer, un petit mot de remerciement. Ce mois-ci, j'ai additionné les compteurs de tous mes réseaux et je suis tombé sur un chiffre que je ne pensais jamais voir : 500 000. Je t'en dis plus juste en dessous.
Ensuite, Christophe, trader pour compte-propre et fondateur d'InvestirZen, nous propose 3 concepts pour améliorer considérablement sa façon d’investir : le model book, le stop loss et la taille de position.
Puis, tu retrouveras ma nouvelle vidéo avec Yoni de ProRealTime : un tuto complet de la plateforme graphique que j'utilise depuis plus de 20 ans, pour ceux qui n'ont jamais trader.
Pour finir, le retour du point de marché.
Bonne lecture !
Les grandes lignes (13 min de lecture)
🎉 500 000 mercis.
🔰 3 concepts qui peuvent changer ta performance à vie.
🎬 Comment j'analyse une action en quelques clics (ProRealTime).
📺 Le point de marché en vidéo.
🎉 500 000 mercis

Il y a 15 ans, je postais mes premiers tweets.
Nous étions une poignée de créateurs francophones.
La bourse était un sujet de niche.
Mais ce matin, j'ai additionné les compteurs de tous mes réseaux : 500 000.
C'est fou !
500 000 personnes qui s'intéressent à la bourse... je ne pensais cela possible.
Pourtant, nous y voilà.
Et cela me donne de l'espoir... car :
Oui, la France a beaucoup de défis devant elle,
Oui, certaines décisions politiques sont frustrantes,
Oui, le futur économique est de plus en plus incertain...
Mais de plus en plus de personnes en ont conscience, passent à l'action, et investissent pour préparer leur avenir. Et cette vague, personne ne l'arrêtera.
Alors forcément, je pense à la suite : 1 million d'investisseurs ?
Un jour peut-être.
Mais une chose est sûre : je n'y serais jamais arrivé sans vous. Merci à toutes celles et ceux qui me suivent au quotidien. Qui likent, commentent, partagent, posent des questions, répondent, débattent.
C'est grâce à vous que cette aventure continue. Et qu'elle s'amplifie.
Merci à vous !
Nicolas.
🔰 3 concepts qui peuvent changer ta performance à vie
Un article rédigé par Christophe (fondateur d’InvestirZen)
On parle ici de swing trading sur des valeurs volatiles, pas de DCA ni d'investissement passif. Si tu détiens Air Liquide au nominatif pour 20 ans, ces règles te concernent beaucoup moins.
Un petit préambule d'abord, pour qu'on parte du bon pied.
Voici les plus gros mouvements sur 6 mois réalisés sur 10 ans, de 2015 à 2025, sur les actions françaises. Première chose qui saute aux yeux : la plupart des noms, tu ne les connais pas.
Les plus gros mouvements sur 6 mois, de 2015 à 2025 :

La majeure partie de ces sociétés brûlent du cash. Elles perdent de l'argent, régulièrement. Et pourtant, ce sont elles qui font les plus gros mouvements, pas celles qui ont les beaux fondamentaux.
💡 « À court terme, les gens n'achètent pas des bons fondamentaux, ils achètent des belles histoires. »
Ces gros mouvements, ce sont les belles histoires qui les font. Donc, aujourd’hui, on va plutôt analyser les graphiques avec 3 concepts qui peuvent changer ta performance à vie.
1. Hasard ou probabilités ?
On va commencer par regarder ce que fait le trader perdant.
Il joue au hasard, en mode « espoir » :
Il prend position n'importe quel jour, voire un peu tous les jours.
Il choisit ses actions au hasard, parce qu'il a vu une analyse, lu un forum ou vu un post sur les réseaux.
Il achète n'importe quand, sans choisir les spots d'entrée les plus avantageux.
Il choisit sa taille de position au pif.
Il ne connaît pas à l'avance le montant de sa perte. Il le découvre le jour où il se décide enfin à sortir.
Il n'a pas de stratégie établie et change régulièrement sa manière de faire, d'échec en échec, parce que de temps en temps, le hasard fait de lui un gagnant temporaire.
Grosso modo, il ne fait pas la différence entre hasard et probabilités.
Exemple : un homme traverse l'autoroute en courant, les yeux fermés. Arrivé de l'autre côté, il se retourne et dit à son ami resté sur le bord : « Tu vois, j'avais raison ! »

Ça, c'est le hasard. De temps en temps, on a raison en entrant au hasard. Et c'est exactement ce qui nous motive à continuer. Et à perdre du capital, perdre du capital, perdre du capital.
Maintenant, reproduis l'opération 100 fois. Il y a peu de chances que notre homme arrive 100 fois de l'autre côté. Il y a même peu de chances qu'il y arrive une seule fois. Ça, ce sont les probabilités. (Ne fais jamais ça à la maison.)
Tu vas prendre beaucoup plus de trades dans ta vie que tu ne le penses. C'est pour ça que les probabilités comptent plus que la chance.
💡 Si tu as 20 ans et que tu prends 3 trades par semaine jusqu'à tes 70 ans, tu auras pris 7 800 trades. Si tu as 50 ans et que tu prends 2 trades par mois jusqu'à tes 70 ans : 480 trades. Si tu as 60 ans et que tu prends 1 trade par mois jusqu'à tes 70 ans : 120 trades.
Même dans le cas le plus défavorable, tu dépasses les 100 trades. Sur 100, 1 000 ou 3 000 trades, les probabilités feront toute la différence. Le hasard, lui, finira par te rattraper.
Pour établir des probabilités, il te faut un model book.
Le principe est simple. Tu captures tous les trades que tu prends. Tu captures tous les trades que tu aurais aimé prendre. Et tu captures tous les trades que tu retrouves dans les palmarès, sur 1 mois, 3 mois, 6 mois, 1 an, pour voir tous les gros mouvements d'ampleur. Puis tu te demandes quels trades tu aurais dû prendre, sur quelle action, comment, pourquoi.
Le model book :

Chaque jour, je prends des captures, je les mets dans mon model book et je les analyse. Ça sert d'abord à identifier une configuration. Puis une deuxième, très proche de la première. Étrangement proche. Puis une troisième.
Trois configurations similaires repérées dans le model book :

Pur hasard, certains penseront. Et quand il s'agit de dizaines, voire de centaines de configurations identiques ? Là, on arrête de parler de hasard.
Avec le temps, tu identifies 4, 5, 6 configurations à fort taux de réussite, qui apparaissent souvent. Les deux critères comptent. Une configuration à très forte probabilité qui n'arrive que 2 fois par an, ce n'est pas très intéressant. La même qui arrive 40 fois par an, là, c'est génial. Une vingtaine de configurations, par contre, c'est trop : ça ne sert pas à grand-chose. Même une seule configuration, si tu la repères tout le temps et que tu ne trades que ça, te donne déjà des probabilités dessus.

💡 Note de Nicolas : au fil des années, Christophe a repéré plusieurs configurations récurrentes à fort taux de réussite. Il a accepté de nous en révéler une lors d’un atelier live. C’est prévu pour le 8 novembre 2026, à 17h. Par ici pour t’inscrire !
Capturer aussi les échecs a un intérêt : tu repères les pièges dans lesquels tu tombes à chaque fois, et tu arrêtes d'y retomber. Ce model book te servira ensuite à bâtir ta stratégie par similarité, sur des configurations à forte probabilité, que tu repéreras sur d'autres actions. Souvent avant même que la hausse se produise. C'est là que ça devient intéressant.
2. Supprimer les grosses pertes
Regarde l'historique de tous tes trades. Ce qui fait mal, ce sont les grosses pertes. Si tu les élimines, tu es profitable. C'est ce simple changement que je veux te montrer.
Partons d'un constat. On tire 100 issues de trade de manière aléatoire, avec 4 types de résultats : des petits gains, des gros gains (jusqu'à 400 €), des petites pertes et des grosses pertes (jusqu'à plus de 500 €).
100 trades avec petites et grosses pertes, et la courbe de capital qui en découle :

Le capital de départ était de 10 000 €. Les grosses pertes ont creusé l'equity curve jusqu'à 6 000 €.
Maintenant, on garde strictement les mêmes trades. Mais on limite chaque grosse perte pour qu'elle devienne une petite perte.
Les mêmes 100 trades, avec uniquement des petites pertes :

Le compte qui perdait quasiment tout son capital devient profitable, à plus de 14 000 €. Les petites pertes sont compensées par les petits gains. Et les gros gains, eux, font monter la courbe.
💡 Conserver la maîtrise totale de ses pertes, c'est la clé pour devenir profitable. Je le répète, parce que tout le reste en découle : la maîtrise totale de ses pertes.
Kurt Capra le dit autrement : « Regardez les cicatrices qui font mal à votre compte. Arrêtez de faire ce qui vous fait mal, et vos résultats s'amélioreront. »
L'outil pour limiter les pertes : le stop loss.
💡 Un stop loss, c'est un ordre automatique placé chez ton courtier, qui vend ta position dès que le cours passe sous un seuil que tu as fixé. Tu n'as rien à faire. Tu peux être au boulot, ailleurs, ça se fait tout seul.
Un exemple de cette année. Une grosse bougie rouge, de celles qui font mal. Sans stop, la perte est de 14 %, et ça continue de chuter les jours suivants. Avec un stop placé sous le plus bas de la bougie précédente, la perte tombe à 2,16 %.
Sans stop : -14 %. Avec stop : -2,16 % :

Si tu n'es pas devant l'écran au moment où ça se passe mal, ta perte se creuse, et dangereusement. Il y a une raison de plus pour le stop loss, et elle est dans ta tête. Ton cerveau a une tendance folle à laisser les pertes s'aggraver…
Neuf positions où un stop loss aurait coupé la perte avant qu'elle ne s'aggrave :

Avec un stop loss, tu prévois un scénario avant d'entrer. S'il se passe bien, tant mieux, tu n'as rien à faire. S'il se passe mal, c'est le stop qui coupe. Ton cerveau n'a pas la douleur d'accepter qu'il a eu tort.
Le stop loss, c'est comme la ceinture de sécurité. On pense ne pas en avoir besoin, jusqu'au jour où. Personnellement, je n'ai jamais eu besoin de ma ceinture. Pourtant, je la mets à chaque fois que je prends ma voiture. Il y aura toujours quelqu'un pour dire « je connais quelqu'un qui avait sa ceinture et qui est mort quand même ».
Bah oui. On met nos stops, et on préfère les 98 % de cas où ils servent aux 2 % où ils ne feront pas grand-chose.
Deux objections que j'entends souvent.
« Mon stop se fait toujours prendre, le marché fait des mèches. » Si ton stop saute à chaque fois, soit il est mal placé, soit tu ne trades pas les bonnes configurations. Un stop à 5 % sur une valeur qui peut gagner 15 % le matin, retracer de 10 % l'après-midi et repartir de 30 % le lendemain, c'est un stop qui n'est pas adapté à la volatilité du titre. Le model book du concept 1 règle ce problème : quand tu as analysé des centaines de configurations, tu sais où placer ton stop sans te faire sortir inutilement.
« Le stop loss ne protège pas des gaps. » C'est vrai. La ceinture de sécurité ne protège pas quand la voiture tombe dans un ravin. Et les gaps arrivent souvent après des communiqués.
Attention aux dates de publication :

Si tu prends une valeur aujourd'hui et qu'elle publie demain, tu es mal. Tu ne sais pas si la publication sera bonne ou mauvaise, ni si elle sera bien ou mal interprétée. On ne joue pas à deviner. À chaque prise de position, regarde la prochaine date de publication. Si tu es en position et que d'ici là tu n'as pas assez de gains latents pour encaisser une mauvaise surprise, prends une partie des gains ou sors. Principe de précaution. Au pire, tu rentres après, ce n'est pas grave.
💡 Astuce : sur Zonebourse (partenaire commercial de Nicolas), tu crées une liste avec les valeurs de ton portefeuille et tu obtiens toutes les dates de publication et de détachement de dividende.
Dès que j'entre en position, je place systématiquement mon stop loss. Avant d'entrer, je me renseigne sur la prochaine date de publication. Et pour limiter ma perte à un montant que j'ai décidé à l'avance, je calcule très précisément la taille de ma position. C'est le concept suivant.
3. Calculer sa taille de position
Savoir doser parfaitement, c'est tout un art, et ça s'applique à tous les domaines. Allez, encore une petite fable.
Une voiture arrive dans un virage. À 50 km/h, elle passe le virage sans encombre. À 90 km/h, elle le passe à la limite du dérapage. À 120 km/h, elle dérape et file droit dans le décor.

La seule différence entre ces 3 scénarios, c'est le dosage de la vitesse. En bourse, ce qui dose ta vitesse, c'est la taille de ta position.
Si tu doses mal tes tailles de position, tu risques la sortie de route brutale, et fatale. Je suis sûr que c'est déjà arrivé à tout le monde d'avoir une position surdimensionnée. C'est ce qui rend la majorité des courbes de capital négatives.
💡 Ce qui compte, c'est d'être encore vivant en cas d'échec, bien plus que de savoir si le trade est gagnant. On prévoit toujours le pire des cas (le « worst case scenario », pour ceux qui suivent la formation) et on doit y survivre. Les bons traders encaissent plusieurs échecs sans que ce soit fatal pour leur compte.
Comment limiter ma perte à 100 € maximum ?
Deux éléments sont indispensables. Le premier, c'est l'utilisation systématique d'un stop loss, on vient de le voir. Le second, c'est le calcul systématique du nombre de titres que je peux acheter tout en respectant mon risque.
Et le point qui bloque beaucoup de monde : si je ne mets pas de stop loss, je ne peux pas calculer le nombre de titres à acheter. Avant même d'entrer, je dois savoir où sera mon stop. Où exactement, ça a assez peu d'importance. Mais je dois le savoir, parce que c'est à partir de lui que je calcule tout le reste.
Prenons une action à 10,40 €. Je décide du niveau d'invalidation de mon scénario, celui où je place mon stop loss : 9,65 €.
💡 Pour une action, mon risque est de 10,40 € - 9,65 € = 0,75 €. Je perds donc 0,75 € par action si mon scénario est invalidé. Je veux un risque maximum de 100 €. Je divise 100 par 0,75 : je peux acheter 133 actions. Si mon stop est touché, je perds 133 x 0,75 = 99,75 €. Mon risque est respecté.
Combien d'actions je peux acheter ?
Reste une question : 100 €, c'est beaucoup ou pas ? Ça dépend de ton capital. Le risque de base avec lequel tu peux y aller à peu près sereinement, c'est 0,5 % de ton capital. Avec 10 000 €, tu risques 50 € maximum par trade.
💡 À 0,5 % par trade, 20 pertes successives te coûtent 10 % de ton capital, et il te suffit de faire +11 % pour revenir à l'équilibre. Si tu laisses filer de grosses pertes et que tu perds 50 % de ton capital, il te faut +100 % pour revenir au point de départ.
Pour être très précis, il faudrait aussi prendre en compte les frais de transaction, le slippage (le glissement entre le cours affiché et le cours réellement exécuté dans le carnet d'ordres), le risque sur capital. Ça complexifie beaucoup les calculs.
Personnellement, j’ai créé mon propre outil où on rentre son capital, son risque, son cours d'entrée, son stop loss… et il sort le nombre de titres, le montant de la position et le risque effectif.

Merci de m’avoir lu.
Et bon trading !
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Dans cette vidéo avec Yoni de ProRealTime, on vous montre tout le fonctionnement de la plateforme que j'utilise depuis plus de 20 ans :
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