Lettre n°109 - Mercredi 14 octobre

Cher lecteur, chère lectrice,

Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle édition de ma newsletter.

Cette semaine, on s'attaque à un grand débat : dividendes vs rachats d'actions. En 2024, les 500 plus grosses entreprises américaines ont dépensé 942 milliards de dollars pour racheter leurs propres actions, du jamais vu. Malheureusement, ce n’est pas forcément une excellente nouvelle pour nos portefeuilles.

Ensuite, ma nouvelle vidéo sur Michael Burry. L'homme qui a vu venir la crise de 2008 parie aujourd'hui contre les géants de l'IA, et même contre Caterpillar, le fabricant de bulldozers.

Puis la minute éducative de Thomas Laurent sur l'erreur du parieur, ce biais qui nous fait croire qu'une action en baisse depuis 5 jours va forcément rebondir.

Pour finir, une newsletter que je n'avais pas le droit de te partager : « Les Initiés », écrite par les analystes d'Auguste Patrimoine pour leurs clients, et ouverte à mes lecteurs jusqu'au 30 octobre.

Bonne lecture !

Les lémuriens de Madagascar : magnifique !

Les grandes lignes (13 min de lecture)

💰 Dividendes vs rachats d'actions : que choisir ?

🎬 Michael Burry : il a prédit 2008, il parie contre l'IA.

🎲 La minute éducative : l'erreur du parieur.

🔓 Les Initiés : la newsletter réservée aux clients d'Auguste Patrimoine.

📬 Pour ne pas manquer les prochaines éditions
Et nous donner un coup de main !

Vous nous lisez sur Gmail et cet email est arrivé dans « Promotions » ? Faites glisser cet email vers l’onglet « Principale ». Si Gmail vous propose de le faire pour nos prochains messages, cliquez sur « Oui ».

Sur mobile : ⋮ → Déplacer vers → Principale.

Ce petit geste nous aide à rester visibles et vous permet de retrouver plus facilement nos prochaines éditions.

Merci, et bonne lecture 🙂

💰 Dividendes vs rachats d'actions : que choisir ?

942 milliards de dollars. C'est ce que les 500 plus grosses entreprises américaines ont dépensé en rachetant leurs propres actions en 2024. Un record absolu, jamais vu dans l'histoire.

Pendant ce temps... le rendement du dividende de ces mêmes entreprises est tombé à 1,15 %. Son plus bas niveau depuis la bulle internet en l'an 2000. Les dividendes sont-ils est en train de mourir au profit des rachat d’actions ?

Sur ce sujet, il y a énormément d'avis tranchés. D'un côté, ceux qui adorent le dividende, la rente. De l'autre, ceux qui pensent que c'est fiscalement catastrophique, et que le rachat d'actions est largement supérieur.

Voyons tout cela ensemble.

1. Qu’est ce qu’un dividende, vraiment ?

Prenons le groupe L'Oréal.

Quand L'Oréal vend ses produits de beauté, elle dégage un bénéfice. Et ce bénéfice, le management a 3 options principales pour le gérer.

  • Option 1 : le réinvestir dans la boîte. Nouveaux produits, nouvelles usines, recherche et développement, recrutement, fidélisation des employés. C'est ce que font massivement les boîtes en phase de croissance. Tesla, Nvidia, etc.

  • Option 2 : le distribuer aux actionnaires sous forme de dividendes. C'est ce que font beaucoup de boîtes matures, qui n'ont plus d'opportunités de croissance évidentes et qui préfèrent reverser directement une partie de ce bénéfice aux actionnaires. Ici, on peut citer : Total ou Coca-Cola.

  • Option 3 : racheter ses propres actions sur le marché. On en parlera dans la partie 2. C'est devenu la voie à la mode depuis quelques années, particulièrement aux États-Unis.

Maintenant, revenons à la base, car beaucoup de débutants pensent qu'un dividende, “c'est de l'argent qui tombe du ciel”.

C'est évidement faux. Un dividende est un transfert de richesse.

Quand vous retirez 30 € à un distributeur, vous êtes débité de 30 € sur votre compte courant. C'est pareil pour le dividende. Vous prenez 30 € dans la poche gauche de l'entreprise pour les mettre dans la poche droite de l'actionnaire.

Et ça se vérifie tous les jours en Bourse.

Prenons l'évolution du cours hypothétique d'une action le jour du détachement. Le jour 1, l'action vaut 100 €. Après le jour 1, l'entreprise détache un dividende de 3 €. Le jour 2, l’action vaut… 97 €. Pas 100 €.

Objection courante de certains investisseurs : « Oui, mais le cours revient très souvent à son niveau d'avant détachement. Donc en pratique, le dividende, c'est bien gratuit. »

C'est vrai, le cours revient souvent au-dessus. Mais attention, il revient à cause de la croissance générale de l'entreprise, pas à cause du dividende. Si l'entreprise avait gardé ces 30 € sur son compte, son cours serait probablement allé encore plus haut. Le dividende, en lui-même, n'a rien créé. Et une fois sur votre compte, la fiscalité peut même avoir un impact négatif.

💡 À retenir : un dividende ne crée pas de richesse. Le jour du détachement, le cours baisse mécaniquement du montant versé.

2. Le rachat d'actions, l'alternative pas si magique

Dividendes contre rachats d'actions dans le S&P 500 (source : Standard & Poor's)

Ci-dessus, une étude de Standard & Poor's qui montre les sommes redistribuées aux actionnaires du S&P 500, trimestre par trimestre. En 1999, les rachats d'actions et les dividendes étaient à peu près à 50/50. Autour de 140 milliards chacun par année. En 2024, les rachats représentent 942 milliards, les dividendes 630 milliards. Le rachat a clairement pris le dessus.

Et il y a une vraie logique mathématique derrière cette tendance. Quand une entreprise rachète et annule, disons 1 % de ses actions, le bénéfice est désormais réparti sur 99 % des actions au lieu de 100 %. Le bénéfice par action augmente mécaniquement, et le cours est censé monter.

C'est, en quelque sorte, un dividende déguisé, qui reste dans l'enveloppe de l'entreprise, et qui évite une partie de la fiscalité pour l'actionnaire. Sur le papier, le rachat d'actions est une belle optimisation.

Mais ça, c'est la théorie. Maintenant, on va regarder la pratique.

Rachats réels contre rachats lissés : ce que ça aurait rapporté (source : McKinsey)

Une étude de McKinsey sur la période 2004-2010, menée par Bin Jiang et Tim Koller, a regardé ce que les rachats ont vraiment rapporté aux entreprises. Pour cela, ils ont pris les rachats réels effectués par les sociétés, et les ont comparés à une version « lissée ».

Si la même boîte avait étalé les mêmes rachats uniformément, un peu comme un « dollar cost averaging (DCA) », qu'est-ce que cela aurait donné ?

💡 Réponse : 3/4 des entreprises auraient mieux fait de faire du DCA plutôt que de racheter toutes leurs actions d'un coup.

Les dirigeants rachètent leurs actions au pire moment : c'est-à-dire... quand la trésorerie déborde, que l'économie va bien et que les cours sont chers. Mais, ils arrêtent de racheter quand les cours s'effondrent. Alors que c'est précisément là qu'il faudrait racheter en masse.

Et ces données sont confirmées par des études plus récentes comme celle de Fortuna Advisors qui suit ces chiffres tous les ans depuis 2011. Leur dernier rapport, publié en avril 2025, « The $4.1 Trillion Question: Do Buybacks Create Value? », tombe sur la même conclusion : les dirigeants sont très mauvais en timing, alors qu'ils sont censés être les mieux informés du monde sur leur propre boîte.

On tombe sur une vieille intuition d'un économiste américain. Michael Jensen, dans une étude publiée en 1986, a créé le concept de « agency cost of free cash flow ». Traduction : quand les entreprises ont trop de cash, elles ont tendance à le gaspiller. Pas qu'en rachetant leurs actions trop chères, mais aussi en projets inutiles.

Un bel exemple : Meta. Selon les chiffres de CNBC et Fortune, entre 2020 et 2024, Mark Zuckerberg a perdu environ 70 milliards de dollars avec son métaverse. Peut-être que s'il avait dû verser un dividende, cela l'aurait obligé à être plus discipliné, et à aller chercher du capital externe pour investir dans ce projet.

Globalement, le marché lui aurait dit : « 70 milliards dans un métaverse que personne ne veut ? Ce sera sans moi ». Peut-être que Mark Zuckerberg aurait réfléchi alors à deux fois avant de dépenser des milliards dans ce projet.

Si on doit résumer, les rachats pourraient être très malins si on rachète sa propre action à bon prix. C'est vrai. Mais statistiquement, les grandes boîtes américaines font l'inverse. Le rachat n'est donc pas LA solution miracle.

Maintenant, on va s'intéresser spécifiquement aux entreprises qui versent des dividendes, et surtout qui les AUGMENTENT chaque année sans interruption. Ce qu'on appelle les « dividend growers ».

3. Le dividende, signe de qualité (mais...)

Performance des actions américaines selon leur politique de dividende depuis 1973 (source : Hartford Funds)

Une étude reprise par Hartford Funds dans son rapport « The Power of Dividends » a regardé la performance des actions américaines depuis 1973. Elle a réparti les entreprises en plusieurs groupes selon leur comportement en matière de dividende.

Classées par performances, on a :

  • 1. Les « dividend growers and initiators ». Ce sont les entreprises qui augmentent leur dividende, ou qui commencent à en verser un. Historiquement, c'est la meilleure catégorie : elles ont rapporté 10,2% par an.

  • 2. Les « dividend payers ». Ce sont toutes les entreprises qui versent un dividende. C'est donc une catégorie plus large, qui inclut aussi bien les entreprises qui augmentent leur dividende que celles qui le maintiennent ou le baissent. Leur performance moyenne a été de 9,2% par an.

  • 3. Les entreprises qui ne changent pas leur politique de dividende. Ce sont celles qui continuent à verser le même dividende, sans l'augmenter ni le réduire. Elles ont rapporté 6,9% par an.

  • 4. Les « dividend cutters and eliminators ». Ce sont les entreprises qui réduisent leur dividende ou le suppriment complètement. C'est la pire catégorie : elles ont affiché une performance moyenne de -1% par an.

  • 5. Les « dividend non-payers ». Ce sont les entreprises qui ne versent aucun dividende. Elles ont rapporté environ 4,2% par an.

À titre de comparaison, l'indice S&P 500 equal-weighted, qui donne le même poids à chaque entreprise, a rapporté 7,7% par an sur la période.

💡 100 dollars investis dans les dividend growers en 1973 sont devenus 17 375 dollars en 2025. Avec en plus une volatilité plus faible que pour les non-payers. En finance, ce combo est rare : plus de rendement ET moins de risque.

100 dollars investis en 1973, selon la politique de dividende (source : Hartford Funds)

Un exemple parlant des dividend growers : Procter & Gamble. Vous ne connaissez peut-être pas le nom, mais vous connaissez forcément leurs marques. Oral-B, si vous vous brossez les dents le matin. Pampers, si vous avez des enfants. Monsieur Propre, si vous nettoyez le sol. Gillette, Ariel, Head & Shoulders, Always. Tout ça, c'est Procter & Gamble.

La société verse un dividende sans interruption depuis 1890… et ils l'augmentent même chaque année depuis 68 ans consécutifs.

J'aimerais qu'on prenne 30 secondes pour réfléchir à ce que cela veut dire. Si une entreprise a réussi pendant 25 ans, 50 ans, 68 ans, à augmenter son dividende sans altérer ses finances, sans se mettre en risque, sans devoir couper en période de crise, c'est forcément qu'elle a une excellente gestion. J'insiste ici, ce signal n'est de qualité que si le versement du dividende n'affecte pas négativement l'entreprise. Verser un dividende jusqu'à faire faillite, c'est une très mauvaise stratégie.

Mais dans le cas de Procter & Gamble, l'entreprise a survécu à deux guerres mondiales, la grande dépression, l'arrivée d'Internet, le COVID… Bref : ils ne sont pas nés de la dernière pluie.

On pourrait donc se dire qu'acheter « les dividend growers » est LA stratégie idéale. Sauf que quelque chose a changé. Depuis une dizaine d'années, les dividend growers sous-performent le S&P 500, et pas qu'un peu.

Performances comparées sur 1, 3, 5 et 10 ans (source : S&P Global)

Ici, je vous affiche la performance de l'indice Dividend Aristocrats, c'est-à-dire les sociétés du S&P 500 qui ont augmenté leur dividende au moins 25 ans d'affilée, avec l'indice S&P 500 classique. Les deux avec dividendes réinvestis virtuellement pour avoir une comparaison égale évidemment.

Sur 10 ans, le S&P 500 a largement battu les dividendes aristocrates : 15,5 % par an contre 9,5 % par an.

6 points de différence par an !

Pire encore, la tendance est en train de s'accélérer. Je vous laisse voir les chiffres ci-dessous.

Dividend Aristocrats contre S&P 500, dividendes réinvestis (source : S&P Global)

Pourquoi un tel changement ?

Cela tient en un mot : la « technologie ».

La dernière décennie a été dominée par la tech avec Apple, Microsoft, Nvidia, Amazon, Meta. Ces entreprises ont fait des x10, x20, x50 sur 20 ans. Et pour la plupart, soit elles ne versent pas de dividende, soit elles en versent un très petit. Aucune n'est éligible aux dividendes Aristocrats parce qu'elles n'ont pas 25 ans d'historique d'augmentation continue. En les évinçant par construction, l'indice Aristocrats s'est privé du meilleur de la décennie.

💡 En finance, il y a une phrase quasi interdite : « cette fois, c'est différent ».

C'est même devenu “un meme”. Car historiquement, à chaque période de krach boursier, des gens disaient « cette fois c'est différent, on va à 0, l'économie mondiale va s'effondrer ». Et à chaque fois, ils se trompaient.

Mais cette règle s'applique surtout à la psychologie humaine. Pas forcément aux grandes tendances économiques. Parfois, le monde change vraiment. Et je pense que depuis l'avènement de ces nouvelles boîtes techs, il y a eu un vrai changement dans l'économie. Beaucoup d'indicateurs classiques qui sont censés prédire les corrections de marché ne fonctionnent plus quand on les applique à ces nouvelles entreprises.

Alors est-ce que dans 10 ans, les dividendes Aristocrats reprendront le dessus parce que la tech aura corrigé ? Possible. Personne ne sait. Mais il faut se rendre compte à quel point les boîtes tech actuelles ont des rentabilités exceptionnelles. C'est du jamais vu dans l'histoire des marchés.

Conclusion

Au final, dividende vs rachat d'actions, qui gagne ? Vous l'avez compris, la question est mal posée. La vraie question est plutôt :

“Est-ce que les dirigeants des entreprises que vous avez en portefeuille savent ce qu'ils font avec votre argent ?”

Quand une entreprise verse un dividende croissant depuis 25 ou 50 ans, ce qu'elle vous dit en filigrane, c'est : « Je préfère vous rendre ce cash plutôt que de risquer de mal l'investir. » C'est un aveu d'humilité. Et dans le monde des grandes entreprises, l'humilité est très rare.

La plupart des CEO se prennent pour Steve Jobs. Ils veulent transformer le monde, créer le prochain métaverse. C'est bien, mais statistiquement, la plupart échouent. Une entreprise qui verse un dividende croissant depuis 68 ans, comme Procter & Gamble, c'est une société qui connaît ses limites. Qui se dit : « On sait faire des shampoings et des couches. On le fait très bien. Et tout ce qu'on n'utilise pas pour grandir, on vous le rend, et on ne se prend pas pour Warren Buffett. »

Et justement Buffett, lui, il n'a versé qu'une seule fois un dividende en 60 ans chez Berkshire Hathaway. Il regrette ce dividende et a même blagué en disant « qu'il devait être aux toilettes quand la décision a été votée en 1967 ».

💡 Sa règle implicite dans ses lettres aux actionnaires : Berkshire garde le cash tant que chaque dollar conservé crée plus d'un dollar de valeur en bourse.

Traduction : « je suis un meilleur investisseur que vous, laissez-moi votre argent. »

Après avoir multiplié la valeur de Berkshire par environ 40 000 depuis 1965, difficile de lui donner tort…

Et quand Buffett fait des rachats d'actions chez Berkshire, il les fait UNIQUEMENT quand l'action est sous-évaluée selon ses propres critères. Le problème, c'est qu'il y a peut-être 5 Warren Buffett dans le monde sur 50 000 dirigeants..

🎬 Michael Burry : il a prédit 2008, il parie contre l'IA

Vous avez un ETF S&P 500 ou des actions Nvidia ?
Alors ce pari devrait vous intéresser.

Michael Burry, l'investisseur rendu célèbre par The Big Short, a décidé de parier contre les géants de l'intelligence artificielle.

Nvidia, Palantir, Oracle, toute l'industrie des semi-conducteurs, et même Caterpillar (le fabricant d'engins de chantier).

Quel rapport entre des bulldozers et l'IA ?

Je vous explique son raisonnement dans la vidéo ci-dessous :
https://www.youtube.com/watch?v=gJTiw9qU8RQ

🎲 La minute éducative : l'erreur du parieur
Un article rédigé par Thomas Laurent

La minute éducative, Psychologie, par Thomas Laurent

Vous lancez une pièce.
Elle tombe sur pile 5 fois de suite.

Quelle est la probabilité que le 6e lancer tombe sur face ?

Vous avez probablement répondu « plus de 50 % » pas vrai ?
Sachez que c'est une mauvaise réponse !

Vous venez de tomber dans le piège des biais cognitifs et vous venez d'être piégé par l'erreur du parieur (ou gambler's fallacy).

En 1913, au casino de Monte-Carlo, la roulette est tombée 26 fois de suite sur noir. Persuadés que le rouge « devait » sortir, des joueurs ont misé des fortunes contre la série. Le casino a empoché des millions.

Amos Tversky et Daniel Kahneman ont montré, dans leurs travaux sur « la loi des petits nombres », que notre cerveau croit voir des tendances là où il n'y a que du hasard pur.

Le raisonnement du parieur : on pense qu'un événement aléatoire « doit » se rééquilibrer après une série, comme si le marché se souvenait de ce qui vient de se passer.

C'est celui de l'illusion des patterns et donc des biais cognitifs. Il nous pousse à croire que des événements statistiquement indépendants sont reliés entre eux, simplement parce qu'ils se sont succédé.

En bourse, c'est lui qui alimente les entrées prématurées sur des retournements imaginaires, car il fonctionne à l'aide de raccourcis mentaux dangereux pour l'investisseur :

  • « Elle a baissé 5 jours de suite, elle va forcément rebondir » = Illusion de rééquilibrage

  • « J'ai perdu 5 trades d'affilée, le prochain sera forcément gagnant » = Espoir statistique

  • « Le marché ne peut pas monter éternellement, ça doit redescendre maintenant » = Fausse logique du cycle

Le raisonnement rationnel, lui, sait que le hasard n'a pas de mémoire et que chaque nouvel événement doit être évalué pour ce qu'il est.

Il distingue une vraie corrélation statistique, démontrée par des données (saisonnalité, cycles économiques, retour à la moyenne mesuré sur historique long) d'une simple croyance magique du « ça doit arriver ».

C'est le seul raisonnement capable d'éviter d'entrer en position uniquement parce qu'une série a « assez duré ».

Notre cerveau est câblé pour détecter des motifs, même quand il n'y en a pas. C'est un réflexe de survie ancestral qui devient un piège sur les marchés : une suite de bougies rouges n'a statistiquement aucune obligation d'être suivie d'une bougie verte, sauf si un mécanisme réel (résultats, macro, flux) le justifie.

Le marché ne « doit » rien à personne. Revenons maintenant à notre exemple :

La pièce est tombée sur pile 5 fois de suite. La bonne question n'est jamais « la série a-t-elle assez duré ? ». La bonne question est : « qu'est-ce qui, concrètement, changerait la probabilité de ce prochain lancer ? »

💡 Une pièce n'a pas de mémoire. La probabilité reste de 50 %, à chaque lancer, indépendamment des précédents.

La majorité des investisseurs le savent, en théorie : une série de hausses ou de baisses ne présage rien de la suite. Pourtant, dans les faits, ils agissent comme si elle en disait long.

Un indice qui enchaîne dix séances vertes ? Ils hésitent à acheter, persuadés qu'une correction est imminente.

Une action qui baisse depuis six mois ? Ils la renforcent, convaincus qu'elle ne peut plus descendre.

Dans les deux cas, c'est le même réflexe : déduire l'avenir du seul nombre de séances ou de mois écoulés, sans qu'aucune cause concrète ne le justifie.

Tversky et Kahneman résument ce biais ainsi : nous appliquons, à tort, la loi des grands nombres à un tout petit échantillon. Cette loi affirme qu'un phénomène aléatoire retrouve sa probabilité théorique sur le très long terme (des milliers d'observations) mais elle ne dit rien sur les cinq ou dix prochains résultats.

Autrement dit : « une série récente n'a aucune obligation de se corriger dans l'immédiat ».

Cette erreur de raisonnement n'est pas une fatalité, l'investisseur discipliné peut réintroduire de la rationalité dans ses décisions grâce à des règles fondées sur des données, et non sur des impressions de série.

Pour ça :

  • exigez toujours une cause identifiable avant de parier sur un retournement ;

  • distinguez rigoureusement corrélation prouvée et coïncidence ;

  • et méfiez-vous particulièrement de vos propres séries de trades gagnants ou perdants, qui n'annoncent rien sur le prochain.

💡 Retenez ceci :
1. Le marché n'a pas de mémoire : une série n'est jamais « due » à s'arrêter.
2. Parier sur un retournement sans cause identifiable, ce n'est pas de l'analyse, c'est du hasard habillé en stratégie.

Bibliographie incontournable pour approfondir le sujet :

  • Système 1 / Système 2 : Les deux vitesses de la pensée – Daniel Kahneman

  • Belief in the Law of Small Numbers – Amos Tversky et Daniel Kahneman (1971)

👉 Retrouvez le livre de Thomas Laurent sur les biais cognitifs sur Amazon

🔓 Les Initiés : la newsletter réservée aux clients d'Auguste Patrimoine
Je suis client et en collaboration commerciale avec Auguste Patrimoine

Il y a une newsletter que je n'avais pas le droit de vous partager.

Elle s'appelle « Les Initiés ».

Elle est écrite par les analystes d'Auguste Patrimoine et envoyée chaque mois, uniquement à leurs clients.

À chaque édition, on y retrouve :

  • une entreprise passée au crible (modèle, forces, faiblesses, valorisation)

  • le compte rendu d'une rencontre avec la direction d'une société cotée

  • un tableau des sociétés dont ils sont eux-mêmes actionnaires

Comme d'habitude avec Auguste Patrimoine, la qualité est excellente.

Leur dernière analyse porte sur CME Group, l'entreprise par laquelle passe une bonne partie des contrats à terme de la planète (taux, pétrole, blé, or...).

Leur recherche est sortie fin juin 2026, pile sur le point bas. CME Group a pris +20% depuis.

En la lisant, je me suis dit qu'il fallait absolument que vous y ayez accès.

J'ai donc appelé Benjamin Sacchet (le directeur associé) pour lui demander s'ils accepteraient de l'ouvrir pour mes lecteurs...

Et il a dit oui !

Jusqu'au 30 octobre, vous pouvez donc vous abonner via ce lien :
https://placement.auguste-patrimoine.fr/inscription-newsletter

Bonne lecture d'avance ;)

Tu souhaites partager cette newsletter à un ami pour qu'il devienne un investisseur averti ?

Il peut rejoindre notre communauté de 69 247 investisseurs en cliquant sur le lien juste ici

  • Tu as une question personnelle, particulière, tu souhaites me joindre directement, voici le formulaire.

  • Vous êtes un média, une entreprise cotée, un spécialiste qui souhaite écrire dans cette lettre, n'hésitez pas à prendre contact.

⭐ Les formations certifiées Nicolas Chéron

Vous êtes beaucoup de lecteurs à me demander si je propose une formation pour investir en bourse. La réponse : non, je n’en ai pas créé une à titre personnel.

Mais, après 20 ans sur les marché, j'ai sélectionné pour vous les meilleurs parcours de formation selon votre niveau de maîtrise de la bourse, vos objectifs d'investissement... et vos péchés mignons. Garanti sans marchands de rêve.

“Pour investir à la Warren Buffett : identifier grâce à l’analyse fondamentale les sociétés sous-évaluées qui ont de grandes chances de performer. La formation de Youssef Harrabi est un passage obligé pour se bâtir un portefeuille résilient et performant dans le temps.”

Pour qui ?
Pour ceux qui veulent surperformer les indices boursiers… sans y passer 5h par jour.

“La formation qui va vous rendre enfin profitable et mettre les pertes derrière vous. Christophe vous enseigne sa méthode pour identifier les bonnes zones de prix et minimiser le risque sur vos positions”.

Pour qui ?
Pour les traders qui veulent doper les rendements de leur portefeuille.

“Edouard Petit est le pionnier de l’investissement en ETF en France. Il vous apprend à bâtir votre stratégie d’investissement. Pas la sienne, ni celle du voisin. La vôtre.”

Pour qui ?
Pour ceux qui veulent aller plus loin qu'un simple MSCI World.

✍️ Mes partenaires commerciaux

Tu souhaites débuter un plan d'investissement programmé sans frais, sur une application simple et intuitive ?
⏩ Ouvre un compte chez Trade Republic.

Tu souhaites trader via les graphiques avec des outils professionnels ?
⏩ Jette un œil sur les offres de ProRealTime.

Tu souhaites optimiser tes performances boursières avec des outils et des conseils de professionnels ?
⏩ Investis sereinement grâce à Zonebourse.

Tu souhaites acheter de l'Or physique et des métaux précieux chez un leader mondial ?
⏩ Découvre les pièces et lingots de la société suisse GOLD AVENUE.

Tu souhaites un bilan patrimonial complet et gratuit avec un professionnel ?
⏩ Réserve un rendez-vous chez Auguste Patrimoine.

Tu souhaites être accompagné et conseillé par des professionnels de l'immobilier ?
⏩ Prends un rendez-vous avec l'Union Foncière de France.

Communication à caractère promotionnel
Tu souhaites utiliser et découvrir les produits de bourse que je traite ?
⏩ Je t'invite à découvrir les produits Vontobel.
Produits à effet de levier présentant un risque de perte en capital en cours de vie et à l’échéance

C’est la partie “Soyons des adultes”. Avertissements sur les risques.

Les partenaires cités sont des collaborations commerciales.

Les informations, graphiques, chiffres, opinions ou commentaires mis à disposition par Nicolas Chéron s’adressent à des investisseurs disposant des connaissances et expériences nécessaires pour comprendre et apprécier les informations développées. Ces informations sont données à titre informatif et ne représentent en aucun cas une obligation d’investissement ni une offre ou sollicitation d’acquérir ou de vendre des produits ou services financiers.

L’investisseur est seul responsable de l’utilisation de l’information fournie, sans recours contre Nicolas Chéron, qui n’est pas responsable en cas d’erreur, d’omission, d’investissement inopportun ou d’évolution du marché défavorable aux opérations réalisées.

Le placement en bourse est risqué. Vous pouvez subir des pertes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, elles ne sont pas constantes dans le temps et ne constituent en aucun cas une garantie future de performance ou de capital. Les références à des classements et récompenses passés ne préjugent pas des classements ou des récompenses à venir.

Les contenus de ces e-mails ne sont pas des conseils juridiques, fiscaux ou en investissement. Les informations dispensées sont de nature éducative et générale et ne sont pas des conseils en investissement, au sens des articles L. 321-1 et D. 321-1 du Code Monétaire et Financier.

Bank Vontobel Europe AG rémunère financièrement Nicolas Cheron pour la mention publicitaire de ses produits, toutefois elle ne participe à aucun moment à la sélection d’un produit spécifique.

Produits à effet de levier présentant un risque de perte en capital en cours de vie et à l’échéance

Les produits Vontobel sont des produits complexes qui peuvent être difficiles à comprendre. Ils s’adressent uniquement à des investisseurs avertis, professionnels ou non professionnels, disposant de connaissances suffisantes des spécificités de ces produits.

Les facteurs de risques sont notamment :

  • Risque de marché : Les investisseurs doivent garder à l’esprit que l’évolution du cours des actions des entreprises susmentionnées dépend de nombreux facteurs d’influence entrepreneuriaux, conjoncturels et économiques, qui doivent être pris en compte lors de la formation d’une opinion de marché correspondante. Le cours des actions peut toujours évoluer différemment de ce que les investisseurs attendent, ce qui peut entraîner des pertes. De plus, les performances passées et les opinions des analystes ne sont pas des indicateurs pour l’avenir.

  • Risque de crédit : En acquérant ces produits, l’investisseur prend un risque de crédit sur l’émetteur (Vontobel Financial Products GmbH, Frankfurt am Main) et sur son garant (Bank Vontobel Europe AG) éventuel. Une perte totale du capital investi est possible. En tant que titres de créance, les produits ne sont pas soumis à une garantie des dépôts

  • Risque de perte du capital : Les produits émis par Vontobel peuvent présenter une perte en capital. La perte du capital investi peut même être totale en cas d’évolution particulièrement défavorable du sous-jacent.

  • Risque de change : Les produits dont le sous-jacent cote en devise étrangère et s’ils ne sont pas couverts contre le risque de change (quanto), ils sont sensibles à l’évolution du taux de change.

  • Produits à l'effet de levier : L'effet de levier démultiplie le rendement du sous-jacent. En cas d'évolution défavorable du cours du sous-jacent, les pertes seront plus que proportionnelles à celles d'un investissement direct. L'effet de levier fonctionne à la hausse comme à la baisse.

  • Worst of : Certains produits se réfèrent à plusieurs sous-jacents. Ainsi, le degré de dépendance de l'évolution de la valeur des sous-jacents les uns par rapport aux autres (appelé corrélation) est essentiel pour évaluer le risque qu'au moins un sous-jacent atteigne sa barrière. Les investisseurs doivent savoir qu'en présence de plusieurs sous-jacents, c'est le sous-jacent qui a le moins bien évolué pendant la durée de vie des titres (structure dite « Worst-of ») qui est déterminant pour la détermination du montant du versement. Le risque de perte du capital investi est donc nettement plus élevé avec les structures Worst-of qu'avec les titres à un seul sous-jacent.

  • Risque de désactivation (Turbo) : Si le cours du sous-jacent atteint la barrière désactivante, le turbo en question sera automatiquement désactivé. Pour les Turbos à maturité et les Turbos infinis BEST, la perte en capital est alors totale. Pour les Turbos illimités, le produit est désactivé et la perte en capital peut aller d’une perte partielle à une perte totale du capital investi. Plus la barrière désactivante/prix d’exercice est proche du cours actuel du sous-jacent, plus le prix du produit est réduit et l’effet de levier important, et plus le risque de désactivation est élevé et inversement.

  • Risque de résiliation du produit : l’émetteur dispose d’un droit de résiliation des produits open-end. Ce droit peut être exercé selon les conditions prévues dans le Prospectus de Base.

  • Risque de spread : le spread appliqué au prix des produits est susceptible d’évoluer au cours du temps.

  • Risque de liquidité : une cotation en continue des produits n’est pas garantie. Il est possible que la cotation d’un produit soit momentanément interrompue.

Cette information n'est ni un conseil en placement ni une recommandation de placement ou de stratégie de placement, mais de la publicité. Les informations complètes sur les instruments financiers, y compris les risques, sont décrites dans le prospectus de base respectif, ainsi que tout supplément éventuel, et dans les Conditions Définitives respectives. Le prospectus de base et les Conditions Définitives respectifs constituent les seuls documents de vente contraignants pour les instruments financiers. Il est recommandé aux investisseurs potentiels de lire ces documents avant de prendre toute décision d'investissement afin de bien comprendre les risques et les avantages potentiels de la décision d'investir dans les instruments financiers. Les investisseurs peuvent télécharger ces documents et le document d'information clé sur le site Internet de l'émetteur, Vontobel Financial Products GmbH, Bockenheimer Landstrasse 24, 60323 Frankfurt am Main, Allemagne, sur prospectus.vontobel.com. En outre, le prospectus de base, tout supplément au prospectus de base et les Conditions Définitives sont disponibles gratuitement auprès de l'émetteur. L’approbation du prospectus ne doit pas être considérée comme un avis favorable sur les valeurs mobilières. Vous êtes sur le point d'acheter des instruments financiers qui ne sont pas faciles et qui peuvent être difficiles à comprendre. Ces informations contiennent une indication à des performances passées. Le rendement passé n'est pas un indicateur fiable des résultats futurs.

Document communiqué à l’AMF conformément à l’article 212-28 de son Règlement Général.