Lettre n°101 - Mercredi 17 juin

Cher lecteur, chère lectrice,

Je suis heureux de te retrouver pour une nouvelle édition de ma newsletter.

Cette semaine, je vais me faire l'avocat du diable sur un sujet que je défends pourtant à longueur d'année : le DCA. Parce qu'entre la théorie et la pratique, il y a un monde.

Quelles sont les erreurs classiques dans les DCA ? Pourquoi seulement 4 % des actions portent la performance du marché ? Pourquoi le lump sum bat le DCA deux tiers du temps ? Et surtout, comment tenir des versements mensuels pendant 20 ou 30 ans sans flancher ?

On va challenger le DCA et les ETF ensemble, chiffres et études à l'appui.

Tu retrouveras ensuite un moyen d’accéder aux portefeuilles Zonebourse, qui écrasent leurs indices à long terme : +1704 % en Europe depuis 2001, soit x18 ! Leur abonnement premium est à -40 % pendant encore quelques jours.

Pour finir, une vidéo sur Masayoshi Son, l’investisseur “fou” derrière Alibaba ainsi que l'habituel point de marché.

Bonne lecture !

🤫 Petit ajout de Simon (le bras droit de Nicolas) :

Bonjour à tous,

Je tenais à vous dire que Nicolas a fêté ses 42 ans hier 🥳

Alors n’hésitez pas à lui faire un petit message, ça lui fera plaisir !

En prime : une photo collector de Nicolas, petit violoniste 🎻

Les grandes lignes (11 min de lecture)

⛔ Les limites du DCA et des ETF.

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🧓 Masayoshi Son : l'investisseur le plus fou de l'histoire

📺 Le point de marché en vidéo.

⛔ Les limites du DCA et des ETF

"Si vous aviez investi 500 euros par mois à 10 % par an pendant 30 ans, vous seriez devenu millionnaire."

Ce type de phrase, on la voit partout quand on débute en bourse. On nous explique les intérêts composés avec un magnifique graphique, et on nous dit que la meilleure manière d'en profiter, c'est d'investir la même somme chaque mois. Comme ça, “on est sûr de gagner quoi qu'il arrive, parce que le marché monte sur le long terme”.

Le fameux DCA (Dollar Cost Averaging, ou investissements programmés) dont tout le monde parle à longueur de journée. Et moi le premier, j'en vante souvent les mérites sur mes réseaux.

Mais, est-ce qu'on n'est pas tous en train de se voiler la face ? Est-ce que le DCA, ça marche dans la vraie vie ?

Parce qu'entre la théorie et la pratique, il y a toujours un monde. Personnellement, je connais très peu de personnes qui ont réussi à tenir un DCA pendant 20 ou 30 ans.

Le but de cet article, c'est pas de dénigrer le DCA. Au contraire, j'en suis un fervent défenseur. Mais de se challenger, ensemble, pour éviter d'être dogmatique. Parce que oui, il y a des contextes où le DCA protège, et d'autres où il peut pénaliser, voire emmener droit dans le mur.

Pour nuancer le sujet :

  • On verra d'abord les erreurs les plus courantes dans les DCA, celles qui font qu'en pratique très peu de gens tiennent sur la durée.

  • On prendra ensuite du recul pour comparer le DCA aux autres stratégies, et on verra que statistiquement, il y a mieux à faire pour maximiser sa performance.

  • On s'arrêtera enfin sur les biais psychologiques : est-ce que le DCA nous protège vraiment, ou est-ce qu'il nous donne juste l'illusion de contrôle ?

Encore une fois, j'adore le DCA. Cet article est surtout fait pour amener notre esprit à réfléchir à ses limites. Parce que plus on a conscience des risques, meilleur investisseur on sera.

1. Le DCA ne marche que si l'actif est structurellement haussier

Voici le portefeuille de Jacqueline DCA, ma femme.

Chaque mois, elle investit sur un ETF MSCI World, des métaux + un peu de Bitcoin. Et en plus de ce cœur de portefeuille, elle a choisi quelques actions de conviction : Glaukos et Clínica Baviera.

Le choix de ces deux actions n'a rien d'un hasard. Jacqueline est chirurgienne ophtalmologue, et elle croit en son secteur.

C'est ma femme, donc je vais éviter de critiquer sa décision d'investissement. Mais il y a quand même un sacré risque à vouloir inclure des actions individuelles dans un DCA. Parce que le DCA ne marche que si l'actif est structurellement haussier sur le long terme.

On répète souvent que les actions sont l'une des meilleures classes d'actifs sur plusieurs décennies. Sauf qu'on parle du marché actions dans son ensemble, pas des actions prises une par une.

4 % des actions portent la performance du marché

Pour comprendre la nuance, regardons une étude célèbre sur le sujet : celle d'Hendrik Bessembinder, chercheur et professeur de finance à l'Arizona State University. Son but était de voir si, sur le long terme, les actions américaines battent ou non les obligations du Trésor américain.

💡 Petit rappel : une obligation = prêter de l'argent à un État, qui vous rembourse avec un intérêt. Les obligations américaines sont considérées comme extrêmement sûres par le marché. C'est même souvent le point d'ancrage pour mesurer une performance. Si, sur le long terme, vous faites mieux que les obligations américaines, tant mieux : la prise de risque supplémentaire a probablement été récompensée. Si vous faites moins bien, il faut se poser des questions, parce que vous avez sûrement pris plus de risques pour moins de rendement.

Bessembinder a analysé plus de 26 000 actions américaines sur près d'un siècle. Et les résultats sont assez fous.

Sur ces 26 000 actions :

  • 58 % ont fait moins bien que les obligations.

  • 38 % ont fait à peine mieux.

  • Et seulement 4 % des actions, environ 1 000 entreprises, ont réellement porté la performance du marché.

Quand on regarde dans le détail, c'est encore plus frappant : la moitié de cette richesse a été créée par seulement 90 entreprises. Une loi de Pareto extrême. 90 sociétés sur 26 000 qui génèrent la moitié de la richesse supplémentaire du marché.

💡 Pour avoir les futurs gagnants dans votre portefeuille, il vous faut soit énormément de vision, soit énormément de chance. Et si vous n'avez pas ces futurs gagnants, vous avez de grandes chances de perdre de l'argent sur le long terme.

C'est exactement le risque de Jacqueline. Je caricature un peu, mais si Glaukos et Clínica Baviera ne deviennent pas les prochains Amazon ou Apple de leur secteur, ses versements mensuels ne feront que moyenner la baisse par rapport au marché. Et statistiquement, il y a plus de chances que ça arrive que l'inverse.

Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas d'actions de conviction. Au contraire, je trouve ça très bien. Mais j'ai l'impression qu'à force d'entendre "fais du DCA, investis tous les mois", beaucoup de gens ont détourné le concept. Ils se sont mis à faire du DCA sur tout et n'importe quoi, en se disant que de toute façon, in fine, "ça va monter".

Ça, c'est une erreur de raisonnement. Le DCA ne fonctionne que sur des actifs structurellement haussiers, c'est-à-dire des actifs dont la tendance de fond, sur plusieurs décennies, est positive. On peut citer l'or. On peut citer le Bitcoin, qui est beaucoup plus jeune et très volatil, mais reste haussier sur longue période. Et surtout, on peut citer les fonds et ETF actions.

Même sur des ETF, tous les indices ne se valent pas

Et là encore, il y a un petit piège. Même si vous faites du DCA sur des ETF actions, tout dépend de ce que vous choisissez. Tous les ETF ne se valent pas.

Prenez le cas du Japon. Le Nikkei 225 a atteint son sommet historique en décembre 1989. En prenant l'indice dividendes non réinvestis, il a fallu 34 ans pour qu'il revienne à ce niveau, en 2024. 34 ans.

Psychologiquement, c'est un enfer. Et soyons honnêtes, c'est intenable pour un DCA.

C'est pour ça qu'il faut se méfier de la phrase "le marché monte toujours sur le long terme". Le marché mondial monte, oui. Mais pas tous les marchés pris individuellement.

Votre DCA actions doit se faire sur des actifs "auto-nettoyants". Des indices larges et diversifiés qui se renouvellent naturellement, où les gagnants remplacent les perdants. Le MSCI World, par exemple, avec les grandes entreprises des pays développés qui tirent leurs revenus du monde entier.

💡 La clé du DCA, au fond, ce n'est pas d'acheter n'importe quoi tous les mois. C'est d'investir régulièrement dans des actifs qui ont une vraie raison de croître dans le temps.

2. Le lump sum bat le DCA deux tiers du temps

Maintenant, regardons la performance pure. On va voir que le DCA n'est pas forcément la meilleure option quand on le compare à d'autres méthodes, en particulier le lump sum investing, qu'on peut traduire par "investir tout d'un coup".

Pour la comparaison, appuyons-nous sur une étude de Vanguard qui couvre près de 50 ans de données, entre 1976 et 2022. La question de départ est simple : si vous recevez demain une grosse somme d'argent (un héritage, une donation), vaut-il mieux tout investir tout de suite, ou l'étaler progressivement sur plusieurs mois ?

Résultat : le lump sum bat le DCA environ 68 % du temps.

💡 Et c'est logique. Quand vous étalez votre investissement, vous gardez une partie de votre argent en cash. Et ce cash, pendant ce temps, ne profite pas de la hausse du marché.

Vous avez sûrement déjà vu passer ce chiffre des 68 %. Mais il faut préciser une chose : Vanguard a testé le DCA étalé sur trois mois seulement. Leur scénario, c'était soit d'investir tout d'un coup et de mesurer le résultat un an plus tard, soit d'investir un tiers du capital chaque mois pendant 3 mois, puis d'attendre 9 mois pour mesurer le résultat au bout d'un an.

Source : Vanguard, "Cost averaging: Invest now or temporarily hold your cash?"
Comparaison d’un lump sum, investi pendant 12 mois, à un DCA qui garde du cash les 3 premiers mois et reste investi ensuite 12 mois.

Donc 3 mois, c'est un délai très court. Et pourtant, le DCA sous-performe déjà sur cette période.

C'est un ressenti personnel, mais j'ai l'impression que lorsqu'on parle d'un DCA sur une grosse somme, beaucoup de gens l'étalent plutôt sur 6, 9, voire 12 mois. Donc sur un temps plus long, qui accentue la sous-performance.

Pour estimer le manque à gagner, j'ai trouvé une autre étude intéressante, celle de RBC Global Asset Management, publiée en 2025. Ils ont comparé le lump sum et le DCA sur le marché canadien entre 1990 et 2024.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : plus votre DCA est étalé dans le temps, plus vous sous-performez.

  • Sur 3 mois : 1,8 % pour le DCA contre 2,7 % pour le lump sum.

  • Sur 9 mois : 4,6 % pour le DCA contre 8,5 % pour le lump sum.

  • Sur 12 mois : 6,1 % pour le DCA contre 11,5 % pour le le lump sum.

On est quasiment sur le double de performance au bout d'un an. Ce n'est pas négligeable.

Évidemment, tout ça dépend de la période qu'on regarde. Si on se place juste avant la crise des subprimes, le DCA a clairement été plus avantageux. Et inversement, après cette crise, dès que les marchés repartent à la hausse, l'avantage revient au lump sum.

En marché baissier (2008), le DCA limite la casse. En marché haussier (2009), le lump sum reprend l'avantage. Source : RBC Global Asset Management.

C'est contre-intuitif, mais le DCA, dans ce contexte, devient une forme de market timing déguisé. Vous cherchez à "lisser votre point d'entrée", alors qu'en réalité, vous faites exactement ce qu'on conseille à tout le monde d'éviter : timer le marché.

💡 Pour qu'on soit bien clairs : je parle ici d'un DCA sur une grosse somme d'argent dont vous disposez déjà. Pas des investissements mensuels programmés que réalisent Jacqueline et Jean-Michel DCA. Ça, c'est un autre sujet, parce que dans ce cas, l'argent n'était pas disponible avant. C'est presque un abus de langage de parler de DCA. C'est plutôt un "lump sum mensuel".

Quoi qu'il en soit, en termes de performance pure, le DCA n'est pas forcément la meilleure option.

On pourra me rétorquer que ce n'est pas du tout l'intérêt du DCA. Que son vrai avantage, c'est d'enlever nos biais psychologiques. Et on sait tous que notre cerveau est notre ennemi numéro un en investissement.

Sauf que là aussi, on peut challenger l'idée. Est-ce que le DCA nous protège vraiment de nos biais ? Ou est-ce qu'il nous donne juste l'illusion du contrôle à court terme, avant que nos biais finissent par nous rattraper ?

3. Les biais cognitifs : le DCA nous protège-t-il vraiment ?

Regardez l'image suivante. C'est l'échiquier d'Adelson, une illusion d'optique créée en 1995 par Edward H. (Ted) Adelson, chercheur au MIT.

À première vue, la case A paraît bien plus foncée que la case B. En réalité, les deux cases ont exactement la même couleur. C'est difficile à croire, mais c'est le cas. On le voit mieux avec ce rectangle qui relie les deux cases.

Autre illusion célèbre : celle de Müller-Lyer, présentée en 1889 par le psychologue Franz Carl Müller-Lyer.

La ligne du haut paraît plus longue que celle du bas. En réalité, les deux lignes ont exactement la même longueur. On s'en rend compte en masquant les pointes aux extrémités, avec les doigts ou une règle.

Ces illusions montrent comment notre cerveau se trompe au quotidien. Une fois qu'on nous les explique, on les comprend. Mais on ne peut pas s'en détacher. Si je vous remontre l'échiquier d'Adelson, au premier coup d'œil, vous verrez toujours la case A plus foncée que la case B. C'est plus fort que nous.

💡 En finance, on retrouve des distorsions du même ordre. On les appelle des biais cognitifs. Notre cerveau est une machine extraordinaire, mais il n'a pas évolué pour gérer les marchés financiers. Il est programmé pour survivre, pas pour investir. Et quand l'argent entre en jeu, nos émotions prennent le contrôle bien avant la logique.

Le psychologue et prix Nobel Daniel Kahneman, considéré comme l'un des pères de la finance comportementale, a passé sa vie à étudier ça.

Dans son livre culte Thinking, Fast and Slow (Système 1 / Système 2 en français), il explique qu'on a deux modes de pensée. Le premier est rapide, instinctif, émotionnel : c'est le Système 1. Le second est lent, rationnel, analytique : c'est le Système 2. Et devinez lequel domine quand votre portefeuille perd 30 % après un krach ? Le Système 1.

Parmi tous les biais qui nous touchent, il y en a un particulièrement destructeur en investissement : l'aversion à la perte. Selon Kahneman, la douleur d'une perte est environ deux fois plus forte que le plaisir d'un gain équivalent.

💡 Demain, vous allez au casino, vous misez 100 €. Si vous gagnez 50 €, vous êtes content, mais pas euphorique. Si vous perdez 50 €, vous êtes malheureux, et franchement frustré.

C'est d'ailleurs pour ça que le DCA séduit autant. Il agit comme un pare-feu émotionnel. Il vous fait entrer progressivement, dilue le risque de tomber au pire moment, et surtout vous évite ce regret terrible : "j'ai tout investi, et juste après, ça s'est effondré."

Mais voilà le paradoxe : si le DCA aide à limiter nos biais, il ne les supprime pas. Il les repousse simplement un peu plus loin. Parce que, soyons honnêtes, tenir un DCA pendant 3, 5, même 10 ans, ça va. C'est faisable. Mais au-delà de 15, 20 ou 30 ans, ça devient vraiment difficile. Et c'est normal.

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a 20 ans, j'étais quelqu'un d'autre. Je venais de commencer à investir, j'ai vécu mon premier krach pendant la bulle Internet, et je n'avais rien à voir avec la personne que je suis aujourd'hui. Nos vies changent. Nos revenus changent. Nos objectifs changent. Et pourtant, le DCA demande la même régularité pendant des décennies.

Au début, tout est simple. Vous mettez 100 € par mois, vous voyez votre portefeuille grimper, vous vous dites "OK, je suis discipliné". Et même si un krach arrive un an plus tard, vous relativisez : "j'ai perdu 50 % sur 1 200 €, ça fait 600 €, je les récupérerai."

Mais au bout de 15 ou 20 ans, c'est une autre histoire. Si vous avez bien tenu, vous avez peut-être 100, 200, 500 000 €. Et là, un krach de 50 %, ce n'est plus une ligne rouge sur un graphique. C'est 250 000 € qui s'envolent. Votre cerveau ne voit plus "-50 %", il voit "un quart de million disparu".

C'est là que le Système 1 de Kahneman reprend le dessus.

💡 Pus votre portefeuille grossit, plus la mécanique se grippe. Au début, quand vous ajoutez 200 € par mois, vous voyez la différence. Mais quand vous avez 200 000 € investis, 200 € de plus ou de moins, psychologiquement, ça paraît insignifiant. Vous perdez la sensation de progression qui vous motivait au départ.

J'ai trouvé une étude du Center for Retirement Research du Boston College. En 2012, ils ont étudié des millions de comptes 401(k), l'équivalent américain de nos plans retraite, pendant la crise de 2008-2009.

Résultat : beaucoup ont ralenti ou suspendu leurs versements au pire moment. Chez les 50-64 ans, les taux de contribution ont reculé d'environ 5 %. Et la valeur des comptes de ceux qui ont tenu le cap était 8 à 9 % plus élevée que celle de ceux qui avaient coupé. Juste parce qu'ils ont continué à investir dans la tempête.

Ça montre une chose : on est humains. On a beau avoir une stratégie rationnelle, dès que le doute s'installe, ou pire, qu'une crise dure plusieurs années, notre cerveau cherche à se protéger.

Les crises éclair, comme le Covid, c'est encore supportable. Une grosse peur, une remontée rapide, on encaisse. Mais une crise lente, comme 2000-2008, c'est autrement plus dur. Une décennie à voir son portefeuille stagner ou reculer tout en continuant à investir mois après mois, c'est un marathon mental.

À l'aversion à la perte s'ajoute le biais de récence : ce qui s'est passé récemment pèse plus lourd dans notre esprit que ce qui s'est passé il y a longtemps. Quand le marché baisse depuis 6 mois, on se persuade qu'il va continuer à baisser encore 6 mois. Et quand il stagne pendant trois ou quatre ans, on finit par se dire "à quoi bon ?". À quoi bon continuer d'investir alors que ça ne m'a rien rapporté, et que j'aurais pu profiter de la vie avec cet argent ? C'est humain.

4. Alors comment éviter de flancher ?

Premièrement, automatiser au maximum. Le meilleur moyen de résister à soi-même, c'est de se retirer de l'équation. Les plans d'investissement programmés, comme ceux de Trade Republic ou d'autres courtiers, font ce travail pour vous. Ils enlèvent les micro-décisions et la procrastination.

Deuxièmement, garder un matelas de sécurité et anticiper ses projets. Certains parlent de 6 à 12 mois de dépenses de côté. Je pense que ça dépend des profils. Parce qu'une crise, ce n'est pas qu'un graphique rouge. C'est aussi du chômage, des dépenses imprévues, de l'incertitude.

Imaginez : on est en 2007. Vous êtes propriétaire, vous venez de payer un ravalement de façade. La crise arrive, vous perdez votre emploi. Tenir un DCA, et surtout ne pas le couper, devient beaucoup plus compliqué mentalement. Ajoutez un problème de voiture ou un imprévu, et ça peut vite tourner à la catastrophe.

Il faut se remettre dans le contexte. Une crise prolongée, c'est dur à vivre. Avec le recul, en regardant un graphique a posteriori, c'est facile de se dire qu'il fallait investir ici ou là. Mais sur le moment, c'est bien plus difficile.

J'aime bien cette phrase de Warren Buffett : "le rétroviseur est toujours plus clair que le pare-brise".

5. Et si la croissance n'était pas éternelle ?

Avant de terminer, j'aimerais ouvrir une parenthèse plus philosophique.

Est-ce qu'un jour, l'économie mondiale pourrait arrêter de croître ? Est-ce qu'on pourrait connaître un plus haut historique des actions définitif, suivi d'une lente baisse structurelle des marchés ? On aurait alors des millions d'investisseurs qui continueraient à moyenner la baisse avec leur DCA, sans jamais revoir leur point d'entrée.

La question est légitime. Parce qu'on a quand même des vents contraires. La croissance démographique ralentit dans les pays développés. Les ressources naturelles sont limitées. La crise climatique commence à coûter très cher. Et les dettes publiques atteignent des niveaux records.

Non, la croissance n'est pas gravée dans le marbre. Ce n'est pas une loi physique comme la gravité ou la rondeur de la Terre. Rien ne garantit que l'économie continuera à croître éternellement. D'ailleurs, plusieurs grandes banques comme Deutsche Bank ou Goldman Sachs pensent que les 10 prochaines années seront nettement moins performantes que les 10 précédentes. On sort d'une période extraordinaire, portée par les taux zéro, la mondialisation et la tech. Revenir vers une forme de moyenne serait normal.

Maintenant, il y a aussi des vents qui poussent la croissance. Et le plus fort du moment, c'est évidemment l'intelligence artificielle, qui a le potentiel de créer une productivité sans précédent.

Est-ce que ces innovations compenseront les vents contraires ? Au fond, personne ne peut le prédire. Ce qu'on peut faire, c'est se préparer aux deux scénarios :

  • Un monde où la croissance ralentit.

  • Un monde où l'innovation relance le moteur.

Dans les deux cas, continuer à investir régulièrement me semble une approche sensée.

💡 Le futur est incertain. Et c'est justement ça qui est récompensé en investissement. Parce que si tout était sûr, il n'y aurait plus de prime de risque.

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*Performance datée du 8 juin 2026

Disclaimer : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

🧓 Masayoshi Son : l'investisseur le plus fou de l'histoire

12 minutes. 

C'est le temps que Masayoshi Son a accordé à WeWork avant d'y investir des milliards.

À l'arrière de sa voiture, il pose une question au fondateur, Adam Neumann : 

- "Dans un combat, qui gagne entre le fou et le type intelligent ?"
- "Le fou", répond Neumann.
- "Alors tu n'es pas assez fou."

SoftBank signe un premier chèque de 4,4 milliards de dollars, puis pousse la valorisation de WeWork jusqu'à 47 milliards.

À l'automne 2019, tout s'effondre comme un château de carte.

L'homme qui a signé l'un des meilleurs investissements de l'histoire avec Alibaba venait aussi de signer son quasi arrêt de mort.

Toute l'histoire est dans la vidéo ci-dessous :

📺 Point de marché

  • Secousses indicielles

  • Métaux sous pression

  • Melting pot : actions IA, US, Smallcaps etc 

Vous pouvez regarder le replay en cliquant ci-dessous :

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  • Risque de désactivation (Turbo) : Si le cours du sous-jacent atteint la barrière désactivante, le turbo en question sera automatiquement désactivé. Pour les Turbos à maturité et les Turbos infinis BEST, la perte en capital est alors totale. Pour les Turbos illimités, le produit est désactivé et la perte en capital peut aller d’une perte partielle à une perte totale du capital investi. Plus la barrière désactivante/prix d’exercice est proche du cours actuel du sous-jacent, plus le prix du produit est réduit et l’effet de levier important, et plus le risque de désactivation est élevé et inversement.

  • Risque de résiliation du produit : l’émetteur dispose d’un droit de résiliation des produits open-end. Ce droit peut être exercé selon les conditions prévues dans le Prospectus de Base.

  • Risque de spread : le spread appliqué au prix des produits est susceptible d’évoluer au cours du temps.

  • Risque de liquidité : une cotation en continue des produits n’est pas garantie. Il est possible que la cotation d’un produit soit momentanément interrompue.

Cette information n'est ni un conseil en placement ni une recommandation de placement ou de stratégie de placement, mais de la publicité. Les informations complètes sur les instruments financiers, y compris les risques, sont décrites dans le prospectus de base respectif, ainsi que tout supplément éventuel, et dans les Conditions Définitives respectives. Le prospectus de base et les Conditions Définitives respectifs constituent les seuls documents de vente contraignants pour les instruments financiers. Il est recommandé aux investisseurs potentiels de lire ces documents avant de prendre toute décision d'investissement afin de bien comprendre les risques et les avantages potentiels de la décision d'investir dans les instruments financiers. Les investisseurs peuvent télécharger ces documents et le document d'information clé sur le site Internet de l'émetteur, Vontobel Financial Products GmbH, Bockenheimer Landstrasse 24, 60323 Frankfurt am Main, Allemagne, sur prospectus.vontobel.com. En outre, le prospectus de base, tout supplément au prospectus de base et les Conditions Définitives sont disponibles gratuitement auprès de l'émetteur. L’approbation du prospectus ne doit pas être considérée comme un avis favorable sur les valeurs mobilières. Vous êtes sur le point d'acheter des instruments financiers qui ne sont pas faciles et qui peuvent être difficiles à comprendre. Ces informations contiennent une indication à des performances passées. Le rendement passé n'est pas un indicateur fiable des résultats futurs.

Document communiqué à l’AMF conformément à l’article 212-28 de son Règlement Général.

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